Orages: les vignobles de Pommard et Volnay dévastés en Bourgogne

Toute l'appellation Côte de Beaune (Côte-d'Or), qui s'étend sur une vingtaine de kilomètres, a été touchée par les violents orages de grêle et le vent mardi après-midi.

C.P. avec AFP
Le 24/07/2013 à 17:58

Des appellations prestigieuses du vignoble de Bourgogne, Pommard et Volnay, et tous les 1er crus ont subi de graves dommages mardi, lors d'un long épisode orageux à l'impact "catastrophique" pour les exploitations, ont indiqué les viticulteurs.

Selon un bilan encore provisoire du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVP), toute l'appellation Côte de Beaune (Côte-d'Or), qui s'étend sur une vingtaine de kilomètres, a été touchée par les violents orages de grêle et le vent, mardi après-midi.

10 à 90% du vignoble touché

Les dégâts concernent 10 à 90% du vignoble, selon les parcelles. C'est peu après 15H30 qu'un orage s'est abattu mardi sur ce secteur, accompagné de grêle et d'un vent très fort, détruisant de nombreuses vignes.

Parmi les secteurs les plus touchés, l'extrême sud de l'aire d'appellation Beaune, jouxtant Pommard, est détruit à 90%, selon le BIVP. Le coteau entre Pommard et Volnay est touché à 70%. Tous les premiers crus sont impactés

Ceps meurtris, baies éventrées et feuilles déchiquetées: Jean-Louis Moissenet, viticulteur à Pommard, constatait mercredi les larmes aux yeux, les dégâts causés par la grêle, pour la deuxième année consécutive, sur les parcelles de Pommard 1er cru qu'il exploite depuis 25 ans.

A Volnay, toute l'appellation a été touchée, de 30% à 70%. Se posait la question d'un traitement par hélicoptère pour éviter l'apparition de maladies sur les cicatrices des vignes, une décision devant recevoir l'aval de la préfecture. Certains pieds sont encore sous 60 mm d'eau.

"deux à trois ans pour repartir"

"C'est catastrophique, des exploitations ne vont pas s'en remettre. On a au moins 30 à 40% de pertes, et cela peut monter à 70%. C'est la deuxième année que cela nous arrive. Economiquement, cela devient très compliqué", s'est alarmé Thiébault Hubert, président du syndicat d'appellation de Volnay.

Lorsqu'une grêle d'une "telle intensité" ravage des parcelles, il faut deux à trois ans pour repartir sur des bois sains, a expliqué Thiébault Hubert. "Quand on replante, il faut quatre ans pour une première petite récolte, et dix ans pour tirer la quintessence du terroir", a précisé Jean-Louis Moissenet.

"C'est assez catastrophique à Savigny-lès-Beaune" également, selon Caroline Chenu, présidente du syndicat des vignerons de cette commune et exploitante en bio.

Elle a pour l'instant recensé "40 à 50% de pertes, et sur les vignes les plus touchées 80%, voire au-delà, avec un paysage de désolation, des vignes au feuillage inexistant ou par terre".

Dispositif de défense anti-grêle

Le président de la région Bourgogne, François Patriat (PS), qui doit se rendre sur les lieux jeudi, a souhaité "que l'on puisse étudier, avec l'ensemble des professionnels et des services concernés, le rétablissement d'un dispositif de défense aérienne anti-grêle", tel qu'il existait il y a quelques années. Aujourd'hui, le cahier des charges des AOC-AOP interdit le recours à des filets anti-grêle.

Les viticulteurs devaient dans la journée commencer immédiatement des traitements pour cicatriser la vigne, afin que des maladies telles que la flavescence dorée ne se développent pas.

L'alerte orange pour orages était maintenue mercredi en Côte-d'Or, comme dans 12 autres départements du nord-est et du centre-est de la France.

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