"La croissance dans le solaire ne se fera pas qu'en Europe"

Le salon ENR, salon leader de toutes les énergies renouvelables se tient jusqu'au 22 février à Lyon. Le solaire a traversé des zones de turbulence. Le débat sur la transition énergétique donne de l'espoir. Gros plan sur un acteur du secteur dont la filiale française est à Lyon. Sputnik Engineering et sa marque Solar max.

Nathalie Croisé de BFM Business
Le 19/02/2013 à 13:50
Mis à jour le 19/02/2013 à 13:51
Panneaux solaires (Oregondot - Flickr - CC)

"Le Grenelle de l'environnement nous a donné une belle impulsion en 2007. Dès l'année suivante, nous installions une filiale commerciale et technique en France. Nous y avons beaucoup de contrats de service. Évidemment, 2012 marque clairement une transition. "

Didier Jeannelle, le dirigeant de Solar Max France est lucide sur la situation du photovoltaïque en France mais pas alarmiste. Sputnik Engineering conçoit, produit et commercialise des onduleurs sous la marque Solar Max. Déjà plus de vingt ans d'existence, une maison mère en Suisse et 400 salariés. Et un marché international. L'Europe évidemment avec la France (10% de son chiffre d'affaires), l'Allemagne, l'Espagne,l'Italie ou encore la Grande-Bretagne.

Un marché qui se mondialise

L'entreprise élabore une pièce cruciale, l'onduleur, ce boitier qui transforme un courant continu à faible voltage en un courant alternatif . Sa force: être présent sur tous les marchés, du résidentiel jusqu'au plus gros modèle.

Sputnik Engineering, grâce notamment aux contrats de service, maintient son activité. Le débat sur la transition énergétique est vu d'un très bon oeil par Didier Jeannelle. Il y a aussi la prime aux panneaux fabriqués en France.

Mais autant le dire: "la croissance ne se fera pas qu'en Europe." Elle représentait 80% du marché mondial il y a quelques années, cela va se réduire à 40% du marché en 2013.

Un marché français très ciblé

C'est pourquoi la marque Solar Max lorgne sur Shanghai. Un marché compliqué. Une première commande d'une vingtaine de mégawatts a été remportée mais il faut batailler ferme. Autre axe de développement: l'Amérique latine notamment le Chili ou encore l'Australie.

Et l'innovation dans tout cela? Pour séduire le marché, certaines entreprises misent sur le micro-onduleur. Pour beaucoup c'est la panacée: un onduleur derrière chaque panneau. Didier Jeannelle est sceptique:" le micro onduleur n'est pas un vecteur d'innovation." C'est contre nature de dupliquer. "Multiplier l'électronique c'est multiplier les pannes..."

Le message est très séduisant mais le produit coûte cher. Le marché français doit donc rester très ciblé. Les appels d'offres concernent des nouveaux parcs photovoltaiques. C'est pourquoi Sputnik Engineering développe des onduleurs de plus grosses tailles ainsi que du outdoor facile à mettre en place. Il propose aussi des formations nécessaires. Car les Français ont toujours l'envie d'installer. Ils sont 4 sur 10 à se dire prêts à se tourner cette année vers les énergies renouvelables selon la 3ème édition du baromètre de Qualit’EnR-Ifop.

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