"Il n'y a pas de meilleur investissement que de planter un arbre"

Le fondateur d'Alter Eco Tristan Lecomte a l'intime conviction qu'un nouveau modèle d'entreprise est en train de se mettre en place. Depuis six ans et la création de Pur Projet, il aide les entreprises à régénérer les écosystèmes dont dépendent leur activité. L'avenir, serait-ce donc l'agroforesterie?

Nathalie Croisé de BFM Business
Le 03/04/2013 à 15:19
Déjà 2 millions d'arbres plantés depuis le début de Pur Projet. (Pur Projet)

A l'heure où le chômage inquiète, Tristan Lecomte a conscience que des solutions existent. "Réparer la planète est le plus grand chantier à venir, il va créer des millions d’emplois", assure-t-il. Replanter un arbre permet de régénérer les filières agricoles. Et la plupart des entreprises en sont dépendantes. Ce n'est pas un hasard d'ailleurs, s'il travaille avec des grands noms comme Unilever ou Nestlé. L'univers de l'hôtellerie et Accor. Ou encore les cosmétiques Chanel, Clarins, Caudalie pour ne citer que ces marques. Au total, elles sont une centaine engagées dans Pur Projet.

Ces modèles agroforestiers permettent une bonne gestion de l’eau, des sols, de la biodiversité et du climat. Le résultat pour les entreprises est visible: une sécurisation de leurs approvisionnements et une amélioration de la qualité du produit. Très engageant aux vues des derniers scandales alimentaires. Tout un écosystème se met en place. Contrairement au bio, les revenus des agriculteurs sont sensiblement accrus. Ils peuvent être multipliés par deux ou trois.

"Aucun de nos clients ne fait cela pour avoir une bonne conscience"

Tristan Lecomte, désigné Entrepreneur social 2013 par la Fondation Schwab pour l'Entrepreneuriat Social et le Forum Economique Mondial de Davos n'hésite pas à bousculer les idées reçues et à clamer: "nous sommes tous des Gainsbourg: nous brûlons individuellement 500 euros/an de services écosystémiques gratuits".

Replanter un arbre ce n'est pas pour faire joli, n'en déplaise aux mauvaises langues. "On détruit 13 millions d'hectares de forêt et on replante un million d'hectares à peine. Il est donc temps d'agir. Il n'y a pas de meilleur investissement que de planter un arbre." Et finalement l'entreprise s'en portera mieux.

"Aucun de nos clients ne fait cela pour avoir une bonne conscience, ceux qui le disent c'est parce qu'ils ne font rien." Et d'ailleurs les consommateurs ne sont pas si dupes que l'on croit. Dans les hôtels Accor, toutes les cinq serviettes réutilisées un arbre est planté. Une économie pour l'entreprise et un gain pour la planète. Les études montrent que, sans engagement, ce sont 5 % des clients qui feraient ce geste. Avec une démarche affichée on atteint les 15 %.

Potentiel d'innovation

Depuis le début de l'aventure, 2 millions et demi d'arbres plantés et 300.000 hectares de forêt en conservation. Et ce n'est qu'un début.

Pour Tristan Lecomte, il y a de la valeur à créer. L'entreprise doit intégrer cette dimension dans sa stratégie. Impossible de ne pas en passer par là. Et si l'on parle moins d'écologie, ce n'est pas parce que l'effet de mode est passé mais parce que la préservation de la planète est intégrée dans la dimension de l'entreprise. Réduire son empreinte écologique à travers son métier.

Pour le fondateur de Pur Projet le modèle se réinvente déjà. "L'environnement n'est pas une taxe mais un potentiel d'innovation". Redonner du sens sans oublier ce qu'est le fondement d'une entreprise.

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