Gaz à Rouen : Batho "rassurée" par sa visite de l'usine

24h après l'annonce d'une fuite de gaz à Rouen, l'affaire semble prendre une nouvelle ampleur avec l'arrivée en urgence de la ministre de l'Ecologie Delphine Batho sur place. Bfmtv.com fait le point.

S. C. avec AFP
Le 22/01/2013 à 15:07
Mis à jour le 22/01/2013 à 21:54
Les pompiers interviennent à l'usine Lubrizol d'où s'est échappée une fuite de gaz, le 21 janvier 2013 à Rouen (Charly Triballeau - AFP)

Un dégagement gazeux s'est produit à Rouen lundi. Officiellement "non toxique", le gaz qui s'est échappé de l'usine Lubrizol, un site Seveso spécialisé dans la fabrication et le conditionnement d'additifs pour lubrifiants, carburants et peintures, a été ressenti jusqu'à Paris et jusqu'en Angleterre.

Les opérations de neutralisation du gaz doivent débuter vers 22 heures.

>> Échappement de gaz à Rouen : place à la neutralisation

Revivez les événements de la journée minute par minute.

21h08 : Delphine Batho "rassurée" par sa visite de l'usine chimique de Rouen. "Je suis rassurée", a-t-elle déclaré alors que l'usine devait engager durant la nuit une opération de "neutralisation" de la réaction chimique.

20h11 : La neutralisation du site pourrait prendre "plusieurs jours", estime la ministre de l'Ecologie Delphine Batho. "Cela va prendre du temps, peut-être plusieurs jours, parce que je préfère que l'on prenne du temps plutôt que l'on prenne des risques", a-t-elle déclaré avant d'entamer une visite de l'usine Lubrizol en compagnie d'élus locaux.

20h08 : Cinquante incidents de fuite de mercaptan, gaz nauséabond qui s'est échappé lundi d'une usine chimique Lubrizol de Rouen et a semé l'inquiétude jusqu'à Paris, ont été répertoriés en France depuis 1988, selon la base de données Aria du ministère de l'Ecologie.

18h23 : Europe-Ecologies-Les Verts (EELV) demande dans un communiqué que "toute la lumière soit faite" sur l'accident de Rouen. Le parti écologiste "s'étonne ainsi que, plus d'une journée après les premiers constats, l'incident de l'usine Lubrizol à Rouen ne semble toujours pas maîtrisé".

A l’heure actuelle, les informations provenant des systèmes de surveillance et notamment des services d’urgence confirment l’absence d'impact sanitaire.

18h15 : Les opérations de neutralisation du mercaptan devraient commencer mardi vers 22 heures et se poursuivre une partie de la nuit et de la nuit prochaine, a annoncé la préfecture de la Seine-Maritime.

Le procédé consiste à neutraliser avec de la soude le contenu du bac où une réaction chimique "inattendue" s'est produite alors qu'un additif pour lubrifiant était en cours de fabrication. Il doit être testé sur cinq des 35 tonnes de produits concernés, puis sur sept, au cours de la nuit de mardi à mercredi. L'opération devrait être répétée et terminée la nuit suivante.

Avant de donner un feu vert définitif, la préfecture attendait un dernier avis de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal).

Par ailleurs, la fuite de gaz ne présente "pas de risque pour la santé", a assuré la Direction générale de la Santé (DGS, ministère de la Santé) mais souligne le caractère "passager" de symptômes ressentis par certaines personnes "plus sensibles".

18h : Frédéric Grosjean, sapeur-pompier de Paris, explique que les pompiers ont reçu "10.000 appels supplémentaires" mardi matin, à la suite de l'émanation de gaz venue d'une usine de Rouen.

Mais les pompiers ont tenu à délivrer "un message rassurant", a-t-il précisé.

17h45 : Mise en place d'une cellule interministérielle. "Le Premier Ministre a confié au ministère de l’Intérieur le soin d’activer la cellule interministérielle opérationnelle afin de coordonner l’action des différents ministères impliqués dans le suivi de la situation de la société "Lubrizol" implantée à Rouen" explique u communiqué conjoint aux ministères concernés (de l'Intérieur, des Affaires sociales et de la Santé et de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie)

"Il est confirmé que, depuis l’arrêt de l’exploitation industrielle lundi soir, les émanations entraînent des nuisances olfactives qui ne présentent pas de risque pour la santé" précise également le communiqué.

17h42 : Europe écologie les Verts (EELV) dénonce la présence d'une "usine à risque" au coeur d'une ville. "On ne peut négliger l'extrême fragilité des sites industriels en zone urbaine où un accident peut survenir à tout moment", a affirmé Jean-Michel Bérégovoy, conseiller municipal EELV de Rouen. Il vise directement cette usine qui est classée Seveso 2 (seuil haut) et qui est située au bord de la Seine, à environ deux kilomètres, à vol d'oiseau, de la cathédrale de Rouen.

17h09 - Ce n'est pas la première fois que l'usine de Rouen est frappée par un dégaement de gaz. Comme le rappelle Francetv Info via une vidéo de l'INA, le 23 août 1989, du mercaptan s'était déjà échappé de ses locaux.

16h39 : David Ducci, directeur général du club de football FC Rouen, explique sur BFMTV "ne pas comprendre" l'annulation du match de football opposant Rouen à l'Olympique de Marseille.

Hervé Chachichis, le directeur adjoint de la sécurité du club marseillais, témoigne des conditions qui règnent sur place. "Je suis allé faire le repérage au stade, explique-t-il. En début de soirée, une odeur nauséabonde a envahi la ville. J’étais avec deux stadiers, il nous a pris des nausées. Dans la rue, on voyait des gens en train de vomir. C’était vraiment insupportable. L’odeur, les nausées, les tremblements, la tête qui tourne. Et pourtant, on n’est pas des petits gabarits !"

16h28 : Florence Gouache, du cabinet du préfet de Seine-Maritime, a assuré à BFMTV que "les populations ont respiré de la substance à un niveau qui n'est pas toxique".

16h16 : une réaction chimique "inattendue" à l'origine de l'incident

L'incident qui a conduità un dégagement de mercaptan à l'usine de production d'additifs pour lubrifiants Lubrizol de Rouen a pour origine une réaction chimique "inattendue" dans un bac de fabrication, a-t-on appris auprès de la direction.

L'incident s'est produit dans un bac de 35 m3 qui fabriquait du dithiophosphate de zinc, un produit chimique qui entre dans la composition de plusieurs additifs pour lubrifiants. "C'est une étape intermédiaire dans nos fabrications", a indiqué Nathalie Bakaev, une porte parole de la direction de l'usine qui emploie près de 300 personnes.

15h40 : "Delphine Batho se rend à Rouen pour évaluer les risques" explique Manuel Valls.

Présent à Berlin pour le 50e anniversaire du Traité de l'Elysée, le ministre de l'Intérieur a annoncé le départ de la ministre de l'Ecologie Delphine Batho pour Rouen afin d'évaluer "le risque industriel" sur place. Il a tenu à rappeler que ce gaz "ne présente pas un danger pour la santé".

15h30 : en quoi consiste le plan particulier d'intervention et pourquoi est-il déclenché ?

>> Le point sur ce dispositif d'urgence et ce qu'il signifie.

15h : Avez-vous ressenti les émanations de gaz échappées de l'usine Lubrizol ?

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14h25 : l'ensemble de l'exploitation "stoppée"

"L'ensemble de l'exploitation" chimique de Rouen à l'origine de la fuite de gaz mercaptan a été "stoppée" par arrêté préfectoral dès lundi soir, ont affirmé mardi les ministres de l'Ecologie, Delphine Batho, et de l'Intérieur, Manuel Valls.

"Les services de l'Etat se sont immédiatement rendus sur place et, dès hier soir, un arrêté préfectoral a été pris pour stopper l'ensemble de l'exploitation", écrivent-ils dans un communiqué commun.

14h01: Delphine Batho rentre en France en urgence

La ministre de l'Ecologie quitte Berlin où elle se trouvait avec l'ensemble du gouvernement pour les festivités du cinquantenaire de l'amitié franco-allemande. Elle est attendue à Rouen vers 19h pour suivre les opérations sur place.

Mais au fait, c'est quoi ce gaz ? Notre éclairage en vidéo sur le mercaptan :

Le mercaptan est un gaz nauséabond couramment utilisé pour "parfumer" le gaz de ville, inodore, afin de repérer les fuites et éviter ainsi les accidents.

Produit à l'état naturel lorsque les matières organiques se décomposent, dans les marais, les égouts et même lors de la digestion, il dégage une "odeur caractéristique" de putréfaction "qui est ressentie par les individus à de très faibles concentrations".

Selon l'INRS, des cas d'intoxication aiguë ont été rapportés chez des travailleurs directement exposés à l'inhalation de méthanetiol, se traduisant par une irritation pulmonaire, des nausées, des vomissements et diarrhées, voire des troubles de conscience et de la respiration pour les plus graves.

A faible concentration, les manifestations chroniques sont essentiellement l'irritation des yeux, des muqueuses respiratoires et de la peau, précise la fiche de l'Institut.

13h26 : la préfecture de Rouen déclenche le Plan particulier d'intervention

Il s'agit d'un plan "mis en oeuvre quand un incident industriel est susceptible de dépasser le cadre d'une usine". Dans le même temps, l'Etat fait appel à l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) pour évaluer le schéma industriel proposé par l'exploitant pour mettre fin à la fuite.

13h20 : l'odeur de gaz ressentie jusqu'en Angleterre

La police britanique confirme avoir reçu des appels inquiets affirmant que l'odeur de gaz provenant de l'usine Lubrizol de Rouen était sentie jusque dans le sud de l'Angleterre.

"Peu après 7h30 nous avons commencé à recevoir des appels d'habitants des côtes de l'est du Sussex à propos d'une odeur de gaz", a indiqué la police du Sussex (sud-est) dans un communiqué sur son site internet, précisant que la police du comté voisin du Kent avait également reçu "un grand nombre d'appels".

12h11 : le match Rouen-OM reporté

Le match des 16e de finale de Coupe de France Rouen - Marseille, prévu mardi soir à Rouen, a été reporté en raison de la fuite de gaz, annonce l'OM.

8h40 : que fabrique la société Lubrizol ?

L'usine Lubrizol est un site Seveso spécialisé dans la fabrication et le conditionnement d'additifs pour lubrifiants, carburants et peintures, et emploie environ 250 salariés.

Créée en 1954 sur les bords de la Seine, rive gauche, cette usine fabrique et commercialise des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industriels.

Elle a été classée Seveso en raison des risques qu'elle comporte. Parmi ses productions figure le mercaptan, un gaz malodorant utilisé notamment comme marqueur olfactif pour le gaz de ville. C'est ce produit, qualifié de non toxique, qui était senti mardi. En 1990, un incident similaire impliquant du mercaptan s'était produit sur le même site mais les vents avaient poussé l'odeur vers les côtes.

7h40 : la société Lubrizol a "bon espoir que ça se termine dans la journée".

Dans un communiqué, la société d'où se sont échappées les émanations de gaz affirme que "la situation est encore en cours de résolution". La société est située à environ 110 km à l'ouest de Paris.

6h53 : le ministère de l'Intérieur assure qu'il n'y a "aucun risque pour la santé".

"Le mercaptan est un marqueur très olfactif de type gaz de ville, connu de tous, et qui ne présente pas de risques pour la santé", affirme dans un communiqué le ministère, qui invite les habitants des départements concernés en Haute-Normandie et en Ile-de-France à ne "pas joindre les services d'urgence afin de ne pas saturer les lignes de secours".

6h30 : "nausées" et "maux de têtes".

Plusieurs personnes habitant de Paris mais aussi l'Eure, l'Essonne, les Yvelines, le Val-de-Marne ou le Val-d'Oise, évoquent une "odeur insupportable", "maux de tête" et "nausée".

6h: une forte odeur de gaz ressentie jusqu'à Paris.

On apprend dans la nuit que la fuite de gaz a été perçue dans la nuit à Rouen. Des émanations sans "caractère toxique" selon la préfecture de Seine-Maritime, qui ont été ressenties jusqu'à Paris.

"L'entreprise Lubrizol, située à Rouen, a détecté une instabilité sur une de ses spécialités chimiques. Cette instabilité est à l’origine de dégagements d’odeurs de gaz - type gaz de ville. Le gaz, bien qu'ayant une odeur incommodante, n’a pas de caractère toxique", a indiqué la préfecture dans un communiqué.

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