Catalogne : à défaut d'être maîtrisé, l'incendie ne progresse plus

Les pompiers ont lutté sans relâche ce lundi contre le gigantesque incendie qui fait rage dans le nord-est de l'Espagne, près de la frontière française et a fait quatre morts, dont trois Français.

Margaux de Frouville
Margaux de Frouville
Le 23/07/2012 à 21:15
Mis à jour le 23/07/2012 à 21:43

Le feu, poussé par une très forte tramontane, a transformé en un immense brasier la région de La Junquera, la ville frontière située du côté espagnol et les villages avoisinants. Il laisse derrière lui des scènes de désolation.      

Mobilisation franco-espagnole de grande envergure

La fumée était visible lundi depuis Barcelone, à plus de 150 kilomètres au sud de la frontière, et une odeur de brûlé enveloppait la ville. Seule lueur d'espoir lundi l'incendie, qui a détruit depuis la veille plus de 13.800 hectares de végétation, ne progressait presque plus. Mais il restait "hors de contrôle", a annoncé le ministre catalan de l'Intérieur, Felip Puig.
Une légère accalmie du vent a permis, dès l'aube, l'intervention des avions et hélicoptères bombardiers d'eau, 22 appareils au total, espagnols et français, qui appuyaient environ 1.500 personnes au sol, dont 500 pompiers, épaulés par des centaines de volontaires, militaires, policiers ou gardes forestiers.

L'autoroute A9 fermée et des milliers d'habitants évacués

L'autoroute qui relie la France à l'Espagne, entre Figueres et Perpignan, fermée dimanche, a pu rouvrir dans les deux sens lundi, après avoir été fermée à deux reprises depuis la veille. La ligne de TGV a également été rétablie. Des milliers d'habitants ont reçu la consigne de rester confinés chez eux, côté espagnol, dans 17 villages, tandis que ceux qui ont fui étaient hébergés dans des centres d'urgence, notamment à Figueres, à une vingtaine de kilomètres au sud de La Junquera.
Les pompiers espéraient toujours que la tramontane, qui souffle du nord-ouest, laisse place au vent d'est venu de la Méditerranée, apportant de l'air plus humide, qui pourrait faciliter la lutte contre les flammes.

Quatre morts, dont trois Français

En revanche, l'incendie a été maîtrisé dimanche soir dans le secteur de Portbou, une localité du côté espagnol, sur la côte méditerranéenne. C'est là que deux Français, un père et sa fille de 15 ans, ont été tués en sautant dans la mer pour échapper aux flammes. A cet endroit, la route côtière, envahie par la fumée, s'est transformée en piège pour des automobilistes paniqués, qui ont abandonné leur voiture à l'approche des flammes, se lançant sur la paroi descendant vers la mer.
Un autre Français a été tué. L'homme de 64 ans a succombé lundi à de très graves brûlures. Un Espagnol de 75 ans, mort dimanche dans le village espagnol de Liers, près de La Junquera, d'une crise cardiaque après avoir vu sa maison entourée par les flammes.

Un incendie sans doute dû à une "imprudence"

Selon les autorités catalanes, l'incendie est probablement dû "à une imprudence", peut-être un mégot jeté par négligence. Il avait éclaté dimanche sur le territoire de la commune franco-espagnole du Perthus. "Cela a commencé hier (dimanche) à une heure de l'après-midi, au Perthus, près de La Junquera. Le vent était très fort, un fort vent du nord. Nous avons vu aussitôt des nuages de fumée s'élever", raconte un habitant du village de Terrades, Miguel Arche, âgé de 54 ans.

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