
BaptisteCoudertle 12/02/2012 à 19:20
VENDREDI 13 JANVIER 2012:
19H: Le Concordia, partit de Civitavecchia, fait route au Nord-Ouest vers Savona, avec 4229 personnes à bord (1023 membres d'équipage). Le Bateau s'apprête à réaliser l'Inchino, « La Révérence », tradition incontournable consistant à faire 3 coups de sirènes toutes lumières allumées pour saluer la petite île de Giglio. Pour des raisons floues, Francesco Schettino, 52 ans, entré en 2002 chez Costa comme responsable de la sécurité, et promus commandant en 2006 commandant, se rapproche plus que jamais de l'île.
20H30: Le commandant dine avec des passagers « Nous allons nous rapprocher des côtes de Toscane, car c'est la coutume de saluer les habitants de l'île de Giglio ». Plus tard des passagers montent au onzième pont pour boire un cocktail offert par la compagnie, le commandant y restera quelques minutes.
21H20: Le paquebot se rapproche trop de l'île et l'équipage tente une manoeuvre d'évitement, un bruit de turbine parvient aux oreilles des passagers, notamment à ceux situés au restaurant, au pont 3.
21H30: Cependant, le paquebot avance à 15 noeuds (presque 28km/H) et l'arrière chasse et heurte un rocher à moins de 300m du rivage, provoquant une entaille de 70 mètres à babord (gauche). A bord, les passagers dinent au moment de l'impact, et les fontaines à eau se brisent, certains s'accrochent aux tables. Au restaurant Milano, les assiettes et les chaises dégringolent. D'autres assistent à des spectacles, notamment de magie, ou le rideau se décroche. .Des passagers qui étaient au bar déclarent « Tout à volé dans le bar, les verres, la vaisselle... ». La lumière vacille pendant quelques minutes: « Au nom du commandant nous vous informons qu'en raison d'une panne électrique qui est sous contrôle, nous sommes dans le noir ». Cependant, le bateau gîte et de l'eau afflue en masse à l'intérieur du paquebot. Le bateau se penche alors d'environ 20°, des passagers partent sur le pont pour voir ce qui se passe et a bloquent les portes automatiques avec des serviettes.
Francesco Schettino, dans le centre de commandes « Attendons un peu avant de faire une manoeuvre vers des eaux plus profondes, on pourrait jeter l'ancre, au pire nous nous poserons sur le fond marin, on verra. »
21H55: Le Bateau, après avoir fait un demi tour, vient de s'échouer sur le rivage, à 150 mètres des côtes, le nez en direction Sud-Est. Durant ce virage, une grue transperce l'une des chaloupes qui s'écrase plus bas, 5 personnes se jettent à l'eau et commencent a nager De l'eau s'infiltre dans les ascenseurs, les piscines se vident. Des passagers passent des dizaines de minutes pour trouver des gilets.
22H05: Les membres d'équipages avec leur gilets disent aux passagers « Passez une bonne soirée! »
Port: « Bonsoir Costa Concordia. Avez-vous des problèmes à bord ? »
Concordia: « Oui, affirmatif, nous avons une panne d'électricité à bord. Nous vérifions la situation. »
Port: « Quel type de problème rencontrez-vous? Est-ce seulement le générateur? Parce que les carabiniers de Prato ont reçu un appel d'un parent d'un des membres d'équipage, qui à dit que pendant le dîner tout lui était tombé sur la tête.»
Concordia: « Non, négatif, nous avons une coupure de courant et nous vérifions la situation à bord. »
Port: « Des passagers disent que vous leur avait fait mettre des gilets de sauvetage, est-ce exact? »
Concordia: « Je répète, nous vérifions la situation concernant cette panne d'électricité. »
22H20: De nombreux passagers sont réunis quand un membre d'équipage parle:
« Nous contrôlons totalement la situation, regagnez vos cabines s'il vous plait »
Passager rassurés par l'annonce, aucun d'entre eux n'a conscience de la gravité de la situation:
« On est en train de rejouer le film Titanic »
22H25: autre membre d'équipage (femme asiatique) prend la parole:
« Je veux faire une annonce au nom de notre commandant, nous vous demandons s'il vous plait de regagner votre cabine, ou si vous le souhaitez, restez dans les salons. Nous avons finis de régler le problème que nous avions, le problème électrique de générateur. Nous vous conseillons de regagner vos chambres. La situation es totalement sous contrôle. »
Pendant ce temps là, dans le centre de commandes:
« Commandant les passagers évacuent tous seuls »
FS « OK parfait, laissons les rejoindre la terre ferme »
« Devons nous donner le signal d'alerte? »
FS « Attendez, attendez » après plusieurs minutes « Abandonnez le navire ».
22H30: Signal d'abandon du navire lancé, l'équipage regroupe des passagers au pont 4 ou il y à les chaloupes, c'est la bagarre entre les passagers. Manrico Giampetroni, le commissaire de bord de 57 ans aide de son mieux les passagers.
22H55: L'évacuation commence. La police maritime à bord du G 104 Apruzzi arrive sur les lieux pour aider aux opérations d'évacuation. Les cordes de l'une des chaloupes cèdent, projetant cette dernière plusieurs mètres en contrebas. D'autres restent suspendues au dessus de la mer, et certaines parmi elle ne seront pas descendues. Des membres du personnel tel que des serveurs, maîtres d'hôtel et cuisiniers viennent aider les passagers à resserrer leurs gilets. Trois cuisiniers pilotent notamment l'une des chaloupes. Des passagers, incapables de piloter l'une des chaloupes, voient un officier sauter par dessus bord pour venir les aider. Les Hélicoptères et les bateaux encadrent le Concordia. Pour certains passagers, les gilets ne s'ouvrent pas. Certaines lumières lumières d'urgence ne s'allume pas.
23H15: Première chaloupe arrive à terre sur Giglio. Les passager à bord du Navire ont leur gilets et attendent de monter dans les chaloupes, cependant, le bateau penche de plus en plus et les passagers se poussent les uns les autres.
23H40: Le commandant coordonne l'évacuation avec une vingtaine de membres de l'équipage, il demande d'ailleurs à certains de prendre les chaloupes lorsque cela est nécessaire.
SAMEDI 14 JANVIER 2012:
00H30 Le commandant et son second quittent le navire. Le commandant reste sur des rochers à regarder les opérations d'évacuation, téléphone à la main.
00H42: Les passagers ont de plus en plus de mal à gagner le côté émergé du navire qui penche de plus en plus.
FS: « Nous ne pouvons plus monter a bord car le navire est en train de sa cabrer côté poupe ».
Un officier sur terre répond: « Commandant, vous avez abandonné le bateau ? »
FS: « Non! Non! Evidemment que non! »
01:40 Il reste des centaines de gens à évacuer, la capitainerie ordonne commandant de retourner sur le navire, après de longues minutes l'officier lui indique alors qu'il y a des cadavre a bord:
FS: « Combien? »
Officier: « C'est a vous de me le dire, que faites vous, vous voulez rentrez chez vous ? »
Gregorio de Falco (commadant de la capitainerie) « Dites-moi s'il y a des enfants, des femes et de quel genre d'aide il sont besoin (…) Est-ce que c'est clair? Bon sang, retournez à bord! »
FS: « Je suis là pour coordonner les secours... »
Gregorio de Falco: « Maintenant c'est moi qui donne les ordres ! Retournez à bord ! »
3H00: Le Bateau est couché, et reposeà 35m de profondeur, les gens sont en files Indienne le long de la coque émergée pour être évacués. Manrico Giampetroni va vers un groupe de passagers en retrait, il veut aller les voir pour leur dire de se rapprocher, pour les rassurer car ils paraissaient effrayés, il tombe alors dans une salle de restaurant semi-inondée et se fracture la jambe. Il monte sur une table pour éviter la noyade. Il sera retrouvé 30H après, de l'eau jusqu'à la taille.
4H46: Derniers passagers visibles secourus.
APRES:
Francesco Schettino:
« J'ai de bonnes raisons de penser que ce rocher n'a pas été indiqué par le système de navigation »
« Fabri (un ami du commandant), à ma place, une autre personne n'aurait pas été aussi obéissante et ne serait pas allée là-bas, mais ils m'ont cassés les couilles: va ici, va là, passe ici, passe là. » « Il y avait un rocher mais il n'était pas indiqué par les instruments que j'avais et j'y suis allé (…) pour faire plaisir au manager. »
Le capitaine dit à un autre de ses amis qu'il reconnaît son imprudence.
« Ce qui me fait honneur c'est que je les ai tous sauvés, sauf ceux-là (les victimes) »
Il reconnaît avoir quitter le navire quand ce dernier à penché. Le manager est introuvable.
Passagers:
« J'ai eut l'impression de revivre cette histoire (Titanic), c'est terrible, je suis encore très choquée ».
« ce qu'on a vécu sur ce bateau après l'impact, c'est, c'est une horreur »
« C'est abominable ce qui s'est passé »
« L'équipage à fait tout ce qu'il a pu avec les moyens du bord »
« Tous ne sont pas des marins et l'évacuation s'est passée dans une grande confusion »
« On nous a laissés seuls, sans rien faire »