Un New-Yorkais invente le trafic de drogue social

Touché par la détresse de ses voisins, un dealer a décidé de garder un pourcentage de ses bénéfices pour aider les sinistrés de Sandy. Une opération humanitaire... et commerciale.

Olivier Laffargue
Le 16/11/2012 à 19:04
Depuis le début de sa petite opération, il aurait recueilli 700 dollars au profit des familles en difficulté de Breezy Point (Arachnized Ѫ mechanid - Flickr - CC)

"Avant, je faisais ce travail sans me poser de questions. Maintenant, j’ai l’impression qu’il a un sens." Ce témoignage plein d’altruisme ne provient pas d’un quelconque travailleur social mais d’un dealer de cannabis new-yorkais. Depuis qu’il a décidé d’offrir un pourcentage de ses ventes aux sinistrés de Sandy, son téléphone ne cesse de sonner.

Ce sont les journalistes du Huffington Post Crime qui ont recueilli, sous couvert d’anonymat, le témoignage de ce dealer au grand cœur. Depuis le début de sa petite opération, il aurait recueilli 700 dollars au profit des familles en difficulté de Breezy Point, dans le Queens, où les habitants n’ont toujours pas l’électricité et 80 maisons ont été inondées ou incendiées.

"Quelque chose de concret"

Les journalistes qui l’ont écouté ont vérifié : il a bien acheté une cinquantaine de couvertures en laine pour ses voisins privés d’électricité. Selon lui, il aurait récolté 1.400 dollars, dont la moitié servira à fournir aux nécessiteux des repas chauds ou autres biens de première nécessité.

Comment a-t-il inventé le trafic à visée humanitaire ? Il est tout simplement à l’écoute de sa clientèle : "Peut-être bien qu'au Rockaways il y a des gens qui voudraient acheter de la marijuana, mais cela ne va pas les aider à trouver de quoi s'habiller, ni à se nourrir, a-t-il expliqué. Pour les aider, j'avais besoin de transformer l'argent que je gagnais en quelque chose de concret que je pourrais partager avec eux."

Outre la part "sociale" de son petit commerce, l’homme s’est engagé auprès des organisations caritatives régulières pour donner un coup de main. Mais le cannabis social n’a pas profité qu’aux sinistrés : "Oui, j'ai gagné un peu plus d'argent que d'habitude, a-t-il déclaré. Mais mes clients feraient de toute façon le plein d'herbe." La boucle est bouclée.

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