Ukraine: qui sont les acteurs de la crise?

Figures symbolisant le pouvoir ou l'opposition, six personnes sont particulièrement active dans cette crise. Galerie de portraits.

M. T.
Le 21/02/2014 à 9:05
Mis à jour le 21/02/2014 à 10:41
Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch avec les opposants Arseni Iatseniouk, Vitali Klitschko et Oleg Tiagnibok, lors d'une réunion samedi 25 janvier. (Mykhaylo Markiv - AFP)

Un président ukrainien pro-Moscou, l'ombre de son homologue russe, un ancien boxeur, un avocat encore trentenaire et un ultra-nationaliste... Qui sont les protagonistes de la crise ukrainienne? Galerie de portraits.

> Au pouvoir

Viktor Ianoukovitch. Le président ukrainien, ouvertement pro-russe, cristallise désormais la contestation contre lui. C'est sa décision de suspendre un accord entre l'Ukraine et l'Union européenne, le 21 novembre dernier, qui a déclenché les manifestations. Pour ses opposants pro-Européens, ce choix a été dicté par Moscou, de qui l'économie ukrainienne reste dépendante. Cet homme de 63 ans, à la fortune colossale, est réputé autoritaire et proche des oligarques. Au cours de la crise, il a tenté à plusieurs reprises de négocier avec l'opposition. Tout en permettant les assauts des forces de l'ordre et en se rendant en Russie mi-décembre pour discuter d’un partenariat.

Vladimir Poutine. Le président russe est le principal soutien de Viktor Ianoukovitch. Les opposants l'accusent d'avoir joué un rôle dans le revirement pro-russe du président ukrainien, à l'origine de la contestation, puis d'avoir jeté de l'huile sur le feu: quelques jours seulement après le début du mouvement d'opposition, le 17 décembre, Moscou accordait en effet un crédit de 15 milliards de dollars au gouvernement ukrainien et un rabais d'un tiers sur le prix du gaz. Des faveurs dont il sait que l'Ukraine, en récession et au bord de la faillite, a besoin.

> Les opposants

Arseni Iatseniouk. Le leader du parti pro-européen Batkivchtchina ("Patrie"), fondé par l'ancienne Première ministre Ioulia Timochenko est devenu l'opposant numéro 1 à Viktor Ianoukovitch. A même pas 40 ans (il les aura cette année), cet avocat de formation a déjà été, à la faveur de la "Révolution orange" de 2004, ministre de l'Economie et des Affaires étrangères et président du Parlement. Lors des pourparlers pendant la crise, c'est à lui que Viktor Ianoukovitch a proposé le poste de Premier ministre – proposition qu'il a rejetée.

Vitali Klitschko. Il est le leader du parti Udar (qui signifie "coup" et acronyme pour "alliance démocratique ukrainienne pour la réforme"), le parti libéral pro-européen, devenu à la faveur des législatives de 2012 troisième force politique du pays. Connu pour ses performances sportives – il est champion du monde de boxe –, ce poids lourds (2,02 mètres, 114 kg) de 42 ans a rapidement gagné en popularité en politique. Devenu porte-parole de la contestation, il ne cache pas ses ambitions présidentielles. Ses nouveaux combats? Une Ukraine tournée vers l'Europe et la lutte contre la corruption.

Oleg Tiagnibok. C'est la troisième figure de la contestation. Leader du parti ultra-nationaliste Svoboda, ce chirurgien originaire de l'Ouest du pays s'était fait connaître pour ses déclarations antisémites et ultranationalistes, qu'il a toutefois atténuées ces dernières années. Ce qu'il partage avec les autres opposants? Son militantisme anti-russe.

 

 

 

Ioulia Timochenko. Celle qu'on ne voit pas, mais qui symbolise la contestation au gouvernement actuel. En 2011, l'ancienne Première ministre a été condamnée à 7 ans de prison pour "abus de pouvoir", une décision de justice dans laquelle ses partisans voient la revanche de Viktor Ianoukovitch. Depuis sa cellule, elle a appelé à renverser "pacifiquement" le pouvoir et s’est mis en grève de la faim pendant deux semaines pour dénoncer la suspension de l'accord d'association de l'Ukraine avec l'UE.

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