PKK : une organisation ultra-violente

Trois femmes kurdes ont été assassinées jeudi à Paris dans les locaux d'une association de la communauté. Elles seraient membres du Parti des travailleurs du Kurdistan. Focus sur ce parti interdit en Turquie et considéré comme terroriste.

M.G.
Le 10/01/2013 à 12:14
Mis à jour le 10/01/2013 à 12:58
Des manifestants du PKK à Londres en 2003 (FrancisTyers – Wikimedia - CC)

Paris : trois femmes kurdes abattues d'une balle dans la tête


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Foule nombreuse devant le lieu du meurtre des trois femmes kurdes


Trois Kurdes ont été tuées à Paris jeudi, tuées d'une balle dans la tête. L'une d'elle était co-fondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan. Retour sur ce parti considéré par de nombreux pays comme terroriste.

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Le Parti des travailleurs du Kurdistan (Partiya Karkerên Kurdistan - PKK) a été formé en 1978  par Abdullah Öcalan dans l’intention de créer un Etat kurde indépendant. Depuis 1984, le PKK a entrepris une lutte armée contre la Turquie, et est actif en Syrie, Iran et Irak.

L'organisation mène des actions contre les autorités et les intérêts touristiques turcs, comme des attentats ou encore des enlèvements dans les stations balnéaires et centres commerciaux. 

Le chef du parti détenu depuis 1998

A l’origine, le parti visait l'indépendance du Sud-Est anatolien, à majorité kurde. Mais les exigences du groupe séparatiste ont évolué, passant du séparatisme complet pour les Kurdes à une "plus grande autonomie culturelle et politique", remarque une étude menée par une agence de l'ONU.

Les rebelles réclament également l’amnistie pour ses militants emprisonnés ainsi que la libération de leur chef Abdullah Öcalan détenu sur l'île-prison d'Imrali au nord-ouest de la Turquie, depuis son arrestation au Kenya en 1998 par les services secrets turcs, américains et israéliens.

Une organisation terroriste pour de nombreux pays

Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne, les Etats-Unis, l'Australie, le Royaume-Uni, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

La communauté kurde est régulièrement l'objet de l'intérêt de la justice française dans des dossiers de financement du PKK, via des extorsions de fonds ou la levée d'"impôt révolutionnaire".

En France, les Kurdes représentent une population de plus de 150.000 personnes avec une forte concentration en Ile-de-France, en Alsace, en Lorraine et dans les Bouches-du-Rhône, selon une étude de 2006 de Rusen Werdi, de l'Institut kurde de Paris.

Les assassinats de jeudi à Paris surviennent au moment où, selon des médias turcs mercredi, Ankara et Abdullah Öcalan se sont mis d'accord au cours de récentes discussions sur le principe d'un arrêt des hostilités qui durent depuis 1984.

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