Peine de mort : attardé mental, Warren Hill attend un second miracle

Sept mois après sa suspension in extremis, l'exécution dans l'Etat de Géorgie de Warren Hill doit doit avoir lieu mardi soir mais l'avocat du condamné a déposé un ultime recours pour commuer la peine capitale en réclusion à perpétuité.

S. A. avec AFP
Le 18/02/2013 à 19:41
Warren Hill  (HO / GEORGIA DEPT. OF CORRECTIONS / AFP)

C'est une nouvelle course contre la montre que s'apprête à vivre Warren Hill. Sept mois après sa suspension in extremis, l'exécution de ce condamné à mort doit avoir lieu mardi dans l'Etat de Géorgie, aux Etats-Unis. Warren Hill, qui souffre de problèmes mentaux avérés, peut toutefois compter sur bon nombre de protestations et de recours jusque devant la plus haute juridiction du pays pour tenter d'échapper à le peie capitale à laquelle il a été condamné en 1991.

21 dans le couloir de la mort

"Il n'y a aucun doute sur le fait que Warren Hill soit retardé mental", écrit Brian Kammer, son avocat, dans un appel devant la justice américaine. "Son exécution doit être arrêtée et sa peine de mort annulée", exhorte-t-il, ajoutant que le condamné "supplie" les autorités de commuer sa peine en réclusion criminelle à perpétuité.

Warren Hill, Noir américain de 52 ans dont 21 passés dans le couloir de la mort, a été condamné à mort en 1991 pour le meurtre d'un codétenu alors qu'il purgeait la réclusion à perpétuité pour avoir tué sa petite amie. 

En 2002, la Cour suprême américaine a interdit l'exécution d'attardés mentaux car leur handicap "ferait courir le risque d'une exécution arbitraire". Mais elle a laissé chaque Etat fixer les conditions requises et la Géorgie est le seul Etat américain qui requiert que le retard mental soit prouvé "au-delà d'un doute raisonnable".

"Une grave erreur judiciaire"

Si l'exécution est menée à terme, ce sera la deuxième de l'année aux Etats-Unis et la première dans la chambre de la mort de Géorgie depuis Troy Davis, exécuté il y a un an et demi, malgré de nombreux doutes sur sa culpabilité.

Trois médecins, qui avaient précédemment témoigné en faveur de l'Etat, affirment s'être trompés et écrivent, dans une déclaration sous serment, que leur évaluation avait été "précipitée" et "ne contribue pas à un diagnostic exact de l'état de M. Hill". Ils se rangent désormais du côté de tous les autres experts qui estiment que le détenu tombe dans la catégorie des condamnés qui doivent être protégés par la décision de la Cour suprême.

Forte de ce coup de théâtre, la défense de Warren Hill a introduit un nouveau recours devant un tribunal local mais aussi devant la plus haute juridiction du pays, évoquant le risque de commettre une "grave erreur judiciaire".

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