Otages français au Cameroun : retour sur une fausse libération annoncée

L'annonce jeudi matin de la libération des otages français au Cameroun a sonné le début d'une journée sous le signe du flottement. Le quai d'Orsay a démenti l'information. L'incertitude demeure, alors que les forces nigérianes auraient encerclé les ravisseurs.

M.R.
Le 21/02/2013 à 19:28
Mis à jour le 21/02/2013 à 19:33
Le journal du soir s'est fait piéger par son heure de bouclage et a annoncé la nouvelle (que nous avons également annoncé) en une. (Le Monde ; montage BFMTV)

Il est environ 9h30, jeudi matin, lorsque la nouvelle tombe : la famille de Français enlevée au Cameroun mardi a été libérée, les sept otages sont sains et sauf. L'annonce est même relayée par un ministre, en pleine Assemblée nationale. Mais très vite, le doute s'installe. Récit d'un couac.

>> Annonce et démenti

Dès 10h00, Kader Arif, ministre délégué aux Anciens combattants, décide d'annoncer la libération des otages à l'Assemblée nationale. Le quai d'Orsay "s'étonne" alors de la déclaration du ministre, qui doit reprendre la parole pour rectifier le tir et indiquer qu'il n'y avait en fait pas de "confirmation officielle" de cette information "parue par voie de presse".

La cellule de crise du quai d'Orsay dément en début d'après-midi la libération des otages, soulignant que l'information est "sans fondement".

>> Critiques à droite

Le député du Nouveau centre Hervé Morin critique Kader Arif, estimant qu'il a "parlé trop vite". Les critiques se multiplient. Outre Hervé Morin qui trouve "purement et simplement ahurissant qu'un ministre interrompe la séance" à l'Assemblée nationale "pour annoncer la libération des otages", le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, renchérit et évoque qu'il un "cafouillage" et une "erreur grave".

>> La situation sur place

Le Cameroun et le Nigeria ont, eux aussi démenti l'annonce de libération en fin de matinée, un ministre camerounais qualifiant l'annonce de "folle rumeur".

Sur place, la confusion règne donc toujours.Jeudi soir, l'agence Reuters affirme les forces nigérianes encercleraient les ravisseurs dans l'Etat de Borno, entre les localités de Dikwa et Ngala. Ni l'Elysée, ni le quai d'Orsay n'ont toutefois confirmé ces informations.

>> Hollande reste prudent

Prudent, François Hollande a indiqué jeudi soir que la France est "en pleine coopération avec les autorités nigérianes et camerounaises pour localiser l'endroit ou seraient nos ressortissants" et a appelé à la discrétion, "condition de l'efficacité". Le président a également indiqué que les otages sont retenus "sans doute en deux groupes".

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