Mobilisation contre l'austérité : Madrid secouée par des incidents

Les salariés européens descendent mercredi dans la rue pour dire "non" à l'austérité. Le point sur la situation à la mi-journée.

Marc Audebert (sujet vidéo ) et L.B. avec AFP
Le 14/11/2012 à 13:12
Mis à jour le 14/11/2012 à 16:11

C'est une journée de mobilisation européenne en forme d'avertissement : les salariés français, comme ceux d'une vingtaine de pays européens, descendent mercredi dans la rue pour dire "non" à l'austérité et défendre les travailleurs les plus durement frappés. 

Des grèves générales sont prévues en Espagne et au Portugal, deux des pays les plus fragiles de la région, où la riposte populaire grandit contre le chômage et la précarité. Le point sur les mouvements.

Des heurts à Madrid

Des incidents ont éclaté à Madrid, en Espagne, lorsque la police a tenté de disperser quelques centaines de manifestants, à coups de matraque, qui bloquaient une avenue du centre de la ville.

Le centre de Madrid était quadrillé par un important dispositif de policiers anti-émeutes, alors que des groupes de jeunes s'étaient rassemblés depuis le matin, bloquant plusieurs avenues.

130 défilés en France

En France, 130 défilés réunissant plusieurs milliers de salariés ont été organisés dans tout le pays, selon la CGT. Il s'agissait de la première mobilisation unitaire CGT/CFDT depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir. Relayant l'appel de la Confédération européenne des syndicats, cinq organisations françaises - CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa - ont organisé des manifestations partout en France "pour l'emploi, la solidarité en Europe et contre l'austérité", mot d'ordre fédérateur de toutes les banderoles.












Le leader de la CGT vise directement la politique du gouvernement : "Les politiques d'austérité, c'est en Europe et c'est en France. Dès lors que l'on a le gel des salaires, l'annonce d'augmentation d'impôts, la baisse des dépenses publiques, c'est une politique d'austérité", a-t-il dit.

Son homologue de la CFDT, François Chérèque, a adressé un message "à tous les chefs d'Etat des pays européens", et "j'y inclus le chef d'Etat de la France" François Hollande. "Hier il nous a dit qu'il était capable d'infléchir la situation européenne, eh bien puisqu'il est capable, qu'il relaie notre appel".

Marseille ne veut pas "devenir comme la Grèce"

A Marseille, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues, pour ne "pas devenir comme la Grèce ou le Portugal". Ils étaient 2.300 selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, 20.000 selon les organisateurs.

"Le peuple veut un CDI, des services publics modernes et qui fonctionnent, une retraite à 60 ans", a scandé la foule avant d'entonner l'Internationale, poing levé, en arrivant à la préfecture peu après midi.

Un policier blessé à Turin

Enfin, une grève de quatre heures et des manifestations dans toute l'Italie ont été organisées. Près d'un millier de personnes ont pris part à un cortège à Rome qui a traversé des rues du centre-ville et doit terminer son parcours sur une petite place.

Un policier a été grièvement blessé à Turin et cinq autres plus légèrement à Milan dans des heurts en marge des manifestations organisées dans cent villes italiennes, selon les médias italiens.

La manifestation principale était organisée dans la petite ville de Terni, en Ombrie, dans le centre du pays, en présence de la secrétaire générale de la CGIL, Susanna Camusso. Le cortège est parti d'une aciérie locale "comme symbole des incertitudes qui pèsent sur de nombreux centres de production en Italie", selon le syndicat.

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