Mobilisation anti-austérité : l'Europe suit le mouvement

Les salariés européens sont descendus dans la rue mercredi pour dire "non" à l'austérité. Une mobilisation particulièrement suivie dans les pays du sud.

V. G. avec AFP
Le 14/11/2012 à 19:10
Mis à jour le 14/11/2012 à 20:02
Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues mercredi à travers l'Europe, pour une journée de mobilisation contre l'austérité, le chômage et la précarité. (BFMTV)

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C'est une journée de mobilisation européenne en forme d'avertissement. Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues mercredi à travers l'Europe, pour une journée de mobilisation contre l'austérité, le chômage et la précarité.

Des manifestations ponctuées par des incidents en Italie, où des polciers ont été blessés, et en Espagne, où les forces de l'ordre ont dispersé des rassemblements à coups de matraques.

Les défilés ont réuni 5.000 manifestants à Athènes selon la police, quelques milliers à Lisbonne, quelques milliers d'autres en Italie, ainsi qu'en France. En Espagne, la mobilisation est plus soutenue.

A Madrid des dizaines de milliers de manifestants défilent

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé mercredi soir à Madrid, lors d'une journée de grève générale contre la politique d'austérité menée par le gouvernement de droite, les coupes budgétaires dans la santé et l'éducation ou la hausse de la TVA.

Les manifestants étaient déjà plusieurs dizaines de milliers au départ de la manifestation convoquée par les syndicats dans le cadre d'une journée européenne, sous le slogan: "Ils nous privent de notre avenir, il y a des coupables, il y a des solutions".

Plus tôt dans la journée, la police anti-émeutes avait dispersé des centaines de manifestants à coups de matraques et en tirant des balles en caoutchouc en l'air. 82 personnes ont été interpellées et 34 blessées dans des incidents isolés.

L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, étranglée par un chômage qui frappe un quart des actifs, a vécu au ralenti pour cette deuxième grève générale depuis l'arrivée au pouvoir, il y a près d'un an, du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy.

"Nous sommes en grève contre la réforme du travail, contre les coupes budgétaires dans tout, dans l'éducation, dans la justice, contre les hausses d'impôts. Car on est en train de perdre tout ce que l'on avait obtenu grâce à beaucoup de travail et d'efforts", résumait Rocio Blanco, une gréviste de 48 ans près de la gare d'Atocha à Madrid.

130 défilés sous les couleurs de la CGT et de la CFDT

En France, 130 défilés réunissant plusieurs milliers de salariés ont été organisés dans tout le pays, selon la CGT. Il s'agissait de la première mobilisation unitaire CGT/CFDT depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir.

15.000 manifestants ont notamment défilé à Paris, selon la CGT (5.200 selon la police), contre l'austérité, en présence des principaux responsables syndicaux. Dans le cortège de tête, autour duquel on pouvait voir une forêt de drapeaux intersyndicaux, figuraient notamment les secrétaires généraux de la CGT Bernard Thibault et de la CFDT François Chérèque. Ils défilaient derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire: "Contre l'austérité, pour l'emploi, solidarité en Europe !".

Plusieurs milliers de personnes ont aussi défilé à Marseille, Lille, Montpellier, Lyon et d'autres villes. Les manifestants répondaient à l'appel de cinq organisations françaises -CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa- lancé dans le cadre d'une journée de mobilisation européenne qui se veut un avertissement contre les politiques d'austérité en Europe.

Parmi les slogans, on pouvait entendre: "exigeons la solidarité!" ou encore "l'austérité nuit gravement à la santé".












Le Portugal tourne au ralenti

Quelques milliers de manifestants défilaient mercredi en début d'après-midi dans le centre de Lisbonne pour protester contre les mesures d'austérité du gouvernement à l'occasion d'une grève générale.

"Ils ont privatisé l’eau, ils nationalisent la faim", "Dehors le gouvernement, fin de l’austérité", "A bas le gouvernement, traître à la nation", pouvaient-on lire sur quelques unes des banderoles agitées par les protestataires.

Des manifestations étaient également prévues dans une quarantaine de ville du pays, notamment à Porto, la grande ville du nord, et constituaient le moment fort d'une grève générale qui a particulièrement perturbé les transports et les services publics, avec les trains et métros à l'arrêt et de nombreux avions cloués au sol.

"La 'troïka' dehors", clamaient des affiches réclamant le départ des créanciers du Portugal, qui évaluent actuellement les mesures d'austérité mises en oeuvre par le gouvernement en échange de l'aide internationale de 78 milliards d'euros, accordée au pays en mai 2011.

Des policiers blessés à Turin et Milan

En Italie, une grève de quatre heures a été organisée à l'appel de la principale confédération syndicale, la CGIL. Et c'est à Turin, dans le nord du pays, que les affrontements les plus sérieux ont éclaté, lorsque des autonomes ont roué de coups un policier, brisant son casque et lui cassant un bras.

Cinq autres membres des forces de l'ordre ont également été blessés, plus légèrement, à Milan dans des heurts en marge des manifestations. "L'Europe se réveille aujourd'hui, de Rome à Madrid et Athènes", lançait Mario Nobile, un étudiant italien de 23 ans.

Alors que la croissance dans la zone euro devrait rester au point mort (+0,1%) en 2013, selon la Commission européenne, le Fonds monétaire international a lui-même averti récemment que les politiques d'austérité risquaient de devenir "politiquement et socialement intenables".

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