Le métro de Naples se mue en musée contemporain

Quand un transport en commun se transforme en exposition d'art contemporain. En Italie, la cité napolitaine accueille près de 200 œuvres dans ses stations de métro.

S. Desfarges avec AFP
Le 04/12/2013 à 13:38
La station Toledo semble être tirée d'un film de science-fiction. (Mario Laporta / AFP)

A Naples, on peut emprunter les transports en commun et apprécier l'art contemporain en même temps. Une offre 2 en 1 insolite pour le seul prix de 1,30 euros, le coût d'un trajet en métro. Quinze stations d'art contemporain ont été conçues dans la cité napolitaine par les plus grands architectes, designers et artistes du monde. Les Stations de l'Art, qui accueillent près de 200 œuvres, s'inscrivent dans un vaste plan d'urbanisme et de développement des transports en commun de Naples, connue pour ses embouteillages monstres.

A l'arrêt Toledo, considérée comme l'une des plus belles stations d'Europe, on est proprement "happé" par la Méditerranée toute proche: on descend dans les entrailles de la terre, entouré de carrés de mosaïques bleus, comme au fond d'une piscine, qu'un puit de lumière relie au monde extérieur.

Un projet d'un milliard et demi d'euros

Puis, ce sont les Vagues du Catalan Oscar Tusquets Blanca qui nous cueillent au pied de l'escalator. Avant d'être "bercés" par l'œuvre de Robert Wilson, By the sea... you and me, constituée de panneaux incrustés d'ampoules à led, qui se déclenchent à chaque passage.

Achille Bonito Oliva, coordinateur artistique auprès de la société gérant le métro, a choisi pour chacune des stations les artistes, architectes et designers. "Il s'agit d'une rencontre entre la beauté et les transports. Nous demandons aux artistes de créer une œuvre qui s'insère dans la station", a-t-il expliqué. Pas question ainsi, de "décorer" simplement l'espace. L'objectif est de créer "un musée obligatoire", afin d'engendrer de la "familiarité" avec des voyageurs qui ne vont pas au musée.

Dans une cité plombée par le chômage et la pauvreté, il est important de "mettre de l'art dans la vie des gens", renchérit le directeur de la société MetroNapoli, Giannegidio Silva.

Un architecte français chargé de la conception d'une station

Lancé au début des années 2000 et doté d'un budget d'un milliard et demi d'euros, le projet a été financé à moitié par l'Europe. Ce lundi, la seizième station de l'art, sous la place Garibaldi, a été inaugurée avant son ouverture au public fin décembre.

Le créateur de la bibliothèque François-Mitterrand à Paris, l'architecte français Dominique Perrault, a été chargé de sa conception. La station Garibaldi devrait permettre de doubler le nombre des utilisateurs quotidiens, actuellement évalué à environ 200.000.

D'ici à 2015, seront à leur tour ouvertes les stations Duomo, oeuvre de Massimiliano Fuksas, et Municipio, mise en scène par les Portugais Alvaro Siza et Eduardo Souto de Moura, les deux lauréats du prix Pritzker, le Nobel des architectes.

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