Manifestation en Espagne : des scènes d'une rare violence

Une manifestation monstre ponctuée de violences a envahi mercredi soir les rues de Madrid, en Espagne, où les manifestants ont été touchés de plein fouet par le chômage.

Ani Basar et AFP
Le 15/11/2012 à 7:01

Manifestations tendues en Espagne pour la grève générale


Les forces de l’ordre tirent en l’air des balles de caoutchouc pour tenter de disperser la foule. Ils chargent avec leurs matraques les manifestants pour riposter à des jets de projectiles, de pierres, de bouteilles. La scène, d’une rare violence, se déroule mercredi à Madrid, en Espagne, au soir d’une journée européenne de protestation contre l’austérité, le chômage et la précarité.

Un peu plus loin, dans une autre rue, d’autres manifestants saccagent la vitrine d’une banque. "Vous êtes coupables de notre ruine", peut-on lire sur les murs du bâtiment. Ça et là, des feux de poubelles sont allumés.

Pauvreté grandissante

Plus tôt dans la journée, ce sont des centaines de milliers d’Espagnols qui ont défilé dans les rues, à Madrid mais aussi à Barcelone et dans une centaine d'autres villes, lors de manifestations très suivies.

Une mobilisation énorme, qui s’explique par la crise qui frappe avec une violence inouïe l’Espagne. La quatrième économie de la zone euro est étranglée par un chômage avoisinant les 25% et une pauvreté grandissante.

Mercredi était la deuxième journée de grève générale depuis l’arrivée au pouvoir, il y a moins d’un an, du gouvernement de droite de Mariano Rajoy. Cette journée s'inscrivait dans le cadre d'une mobilisation européenne contre les politiques d'austérité, de plus en plus contestées pour leurs retombées sociales et accusées de freiner le retour à la croissance.

Alors que la croissance dans la zone euro devrait rester au point mort (+0,1%) en 2013, selon la Commission européenne, le Fonds monétaire international a lui-même averti récemment que les politiques d'austérité risquaient de devenir "politiquement et socialement intenables".

La question du jour

Si cela était possible, seriez-vous prêt à habiter sur une autre planète?