Mali - L'Afrique de l'Ouest en appelle à l'Onu

Les dirigeants ouest-africains réunis samedi à Abidjan ont appelé l'ONU à fournir "immédiatement" son appui logistique et financier pour le déploiement "sans plus tarder" de la force militaire régionale au Mali.

M.R. avec AFP
Le 19/01/2013 à 22:55
Mis à jour le 19/01/2013 à 22:57

Les dirigeants ouest-africains réunis samedi à Abidjan, ont appelé l'ONU à fournir "immédiatement" son appui logistique et financier pour le déploiement "sans plus tarder" de la force militaire régionale au Mali. La France a indiqué que ses soldats y resteront "le temps nécessaire".
    
Alors que Paris a déjà déployé 2.000 soldats au Mali, un chiffre qui va rapidement atteindre et peut-être même dépasser 2.500 hommes, le président François Hollande a expliqué samedi, lors de ses voeux aux Corréziens, que la France resterait au Mali "le temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu dans cette partie de l'Afrique".

"pas vocation à se substituer à l'action de la Misma"

En ouvrant le sommet, le président ivoirien Alassane Ouattara avait plaidé pour "un engagement plus large (...) autour de la France et de l'Afrique dans la guerre totale et multiforme contre le terrorisme au Mali", en présence du président malien par intérim Dioncounda Traoré.
    
La force régionale, baptisée Mission internationale de soutien au Mali (Misma), a reçu mandat de l'ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle du nord du pays, occupé depuis plus de neuf mois par des groupes armés islamistes qui y ont multiplié les exactions.
    
L'opération française "n'a pas vocation à se substituer à l'action de la Misma" qui doit se déployer "le plus vite possible, et c'est l'objet de notre réunion", a dit le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, présent au sommet.
   

Pas de soldats britanniques au Mali

Depuis Londres, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a rendu "hommage" à la France qui a "pris l'initiative de tenter de bloquer Aqmi" (Al-Qaïda au Maghreb islamique) au Mali, ajoutant: "Nous essaierons de l'aider dans cet effort". Washington a fourni des renseignements et des moyens de transport aérien à la France.
    
"Nous n'envisageons pas d'envoyer de soldats sur le terrain", a déclaré le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta lors d'une conférence de presse avec son homologue britannique Philipp Hammond, qui a lui aussi dit que son gouvernement n'a "pas prévu d'envoyer des soldats britanniques au Mali".

2.000 membres de la Misma déployés d'ici au 26 janvier

Quelque 2.000 membres de la Misma doivent être déployés d'ici au 26 janvier. Une centaine de soldats togolais et nigérians sont déjà arrivés à Bamako, et une trentaine de Béninois sont en route.
    
Huit pays ouest-africains - Nigeria, Togo, Bénin, Sénégal, Niger, Guinée, Ghana et Burkina Faso - ainsi que le Tchad ont annoncé leur contribution à la Misma qui comprendra quelque 5.800 soldats pour prendre le relais de la France.

Les islamistes ont fui Diabali

Dans la région de Diabali (ouest), le colonel malien commandant ce secteur, a affirmé samedi que les islamistes avaient "fui" la ville qu'ils avaient prise lundi et que l'armée malienne s'apprêtait à y faire son entrée.
    
A Gao, au nord-est de Bamako, des habitants ont tué samedi un chef islamiste pour protester contre le meurtre d'un journaliste malien qui venait d'être battu à mort par des islamistes, selon la maire adjointe de la ville et le directeur d'une radio locale. "La peur change de camp", a dit un étudiant de Gao.

>>  ALIRE AUSSI  : Mali : soldats français et maliens progressent vers le Nord

La question du jour

Les manifestations en France peuvent-elles peser sur le conflit au Proche-Orient?