Liban : président et Premier ministre tweetent leur désaccord

La légalisation du mariage civil divise actuellement le Liban, régi par un système complexe de partage du pouvoir entre les différentes confessions.

C.P. avec AFP
Le 28/01/2013 à 17:13
Le compte Twitter du président chrétien du Liban, Michel Sleimane. (Capture BFMTV)

Le président et le Premier ministre libanais se sont répondus par tweets interposés sur la légalisation du mariage civil qui divise actuellement le Liban régi par un système complexe de partage du pouvoir entre les différentes confessions.

Le président chrétien Michel Sleimane s'est ainsi prononcé dimanche matin sur son compte Twitter "pour répondre à l'évolution et aux aspirations du peuple et pour préparer des lois appropriées sur la question du mariage civil".

"Des religieux s'opposent au mariage civil mais cela ne change rien à mes convictions et à ma quête pour aiguiller le train sur les bons rails", a-t-il ensuite ajouté.

Un débat qui gagne en ampleur

Après avoir rencontré Michel Sleimane, le Premier ministre sunnite Najib Mikati a répondu dans la nuit. "Les circonstances actuelles ne permettent pas d'aborder de nouveaux sujets controversés qui divisent", a-t-il écrit en arabe.

"Je pense que la question du mariage civil ne peut pas être traitée du haut vers le bas", a-t-il ajouté en anglais, en évoquant la nécessité d'un consensus entre "toutes les parties prenantes du pays".

Le débat sur le mariage civil a récemment gagné en ampleur au Liban, un pays considéré comme relativement libéral dans une région plutôt conservatrice mais où la religion occupe une place de premier plan.

Un facteur de "sédition" pour les autorités sunnites

Les discussions ont été relancées par Khouloud Soukkarieh et Nidal Darwich, un jeune couple chiite et sunnite qui s'est symboliquement marié civilement et a officiellement demandé au ministère de l'Intérieur de reconnaître leur union, ce qui serait une première au Liban.

Dans ce pays qui réunit 18 communautés religieuses, les mariages, divorces et questions d'héritage sont du ressort des autorités religieuses propres à chaque communauté. La loi libanaise n'autorise que les unions religieuses mais reconnaît les mariages civils contractés à l'étranger.

L'ancien président Elias Hraoui avait proposé en 1998 une loi similaire qui avait été acceptée par le gouvernement mais retirée devant une levée de boucliers des autorités religieuses. Et si les autorités chrétiennes ne se sont pour l'instant pas prononcées sur le débat actuel, les autorités sunnites ont prévenu vendredi que le projet était un facteur "sédition".

Toute l'actu International

La question du jour

Si cela était possible, seriez-vous prêt à habiter sur une autre planète?