Les Grecs de retour aux urnes en juin faute d'accord sur un gouvernement

La Grèce va devoir retourner aux urnes d'ici fin juin après l'échec de la formation d'un gouvernement de coalition, qui a de nouveau perturbé les bourses mondiales et ravivé les inquiétudes sur une sortie du pays de la zone euro.

Antoine Delpierre
Le 16/05/2012 à 7:06
Mis à jour le 16/05/2012 à 8:51

Le dirigeant socialiste grec Evangélos Vénizélos a annoncé ce mardi 15 mai 2012 que la Grèce devrait "hélas" retourner à des élections législatives, en principe dans un mois, faute d'un accord sur la formation d'un gouvernement de coalition. "Nous allons de nouveau vers des élections, dans quelques jours, dans de très mauvaises conditions", a affirmé Evangélos, à l'issue d'une réunion cruciale avec quatre autres chefs de partis politiques, convoquée par le chef de l'Etat Carolos Papoulias.

Carolos Papoulias doit convoquer ce mercredi 16 mai 2012 à 10h GMT les chefs de tous les partis pour mettre en place un gouvernement intérimaire, chargé d'expédier les affaires courantes en attendant la tenue de nouvelles législatives anticipées. La réunion de mardi était celle de la dernière chance pour constituer un gouvernement "de personnalités" en vue de sortir le pays de l'impasse politique, qui inquiète les partenaires européens et les créanciers de la Grèce, UE et FMI.

L'euro a chuté dès l'annonce du naufrage des tractations grecques, tombant sous le seuil de 1,28 dollar pour la première fois depuis quatre mois. La Bourse de Francfort a aussi immédiatement piqué du nez, l'indice vedette Dax, qui évoluait jusque-là dans le vert, perdant 1,32% à 13h15 GMT.

L'échec grec était prévisible depuis plusieurs jours, du fait du refus catégorique de la gauche radicale du Syriza, propulsée deuxième parti le 6 mai grâce à son rejet sans ambages des recettes UE-FMI d'austérité appliquées au pays depuis 2010, de nouer des alliances avec les partis conservateur et socialiste ayant ratifié ces diktats. Le Dimar, issu d'une scission du Syriza, avait conditionné son ralliement à une participation du Syriza, seul apte selon lui à prendre en compte le verdict électoral. En désespoir de cause, Carolos Papoulias avait tenté de rallier aussi la formation nationalo-populiste Grecs Indépendants de Panos Kammenos, qui avait conquis 33 députés le 6 mai en s'opposant aussi frontalement au mémorandum, la feuille de route d'austérité dictée par les créanciers du pays.

L'annonce officielle mardi d'un recul de 6,2% du PIB grec au premier trimestre 2012 a confirmé la gravité de la situation économique du pays, qui est entré dans sa cinquième année consécutive de récession, au prix d'une envolée du chômage à plus de 20%.

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