Israël : Netanyahu en passe d'être reconduit

C'est dans un pays de plus en plus enraciné à droite que le Premier ministre Benjamin Netanyahu israélien devrait être reconduit, mardi, lors des élections législatives.

S. C. avec AFP
Le 22/01/2013 à 6:19
Mis à jour le 22/01/2013 à 6:24

Le conflit opposant Israël au Hamas à Gaza en novembre dernier pourrait finalement tourner à l'avantage de Benjamin Netanyahu. Alors qu'Israël vote mardi pour les élections législatives, le Premier ministre sortant devrait être reconduit à la tête du pays, prenant le pas sur sa principale rivale Tzipi Livni et sa politique de la main tendue.

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Dès 6h (heure française), quelque 5,65 millions d'électeurs sont invités à se prononcer dans les bureaux de vote, sous un dispositif de sécurité renforcé.

Selon les derniers sondages publiés vendredi, la liste très droitière réunissant le Likoud de Benjamin Netanyahu et le parti Israël Beiteinou de l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, est créditée de 32 à 35 sièges sur 120 à la Knesset, un recul pour ces deux formations qui comptent actuellement 42 députés. 

Israël, à droite toute

Au centre, le Parti travailliste (16 ou 17 sièges), Yesh Atid (10 à 13), et HaTnouha, le mouvement lancé par l'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni (7 ou 8), ne sont pas parvenus à s'unir. En tant que leader de la liste la plus forte, "Bibi" Netanyahu est donc quasi assuré d'obtenir un troisième mandat, le second consécutif. Mais la composition et la stabilité de la future coalition gouvernementale sont déjà en question.

Politiques et commentateurs s'attendent à une coalition regroupant Likoud-Beiteinou, le Foyer juif, les formations ultra-orthodoxes et, peut-être, les centristes de Yesh Atid, voire de Mme Livni.

Une telle majorité ferait de la prochaine Knesset l'une des plus à droite de l'histoire d'Israël, avec "une coalition dans laquelle les députés ultra-orthodoxes et religieux seront pour la première fois majoritaires", souligne un éditorialiste du quotidien Maariv.

"C'est surtout une victoire majeure pour les colons, qui sont devenus la force idéologique dominante dans le pays", résume-t-il.

L'Iran en ligne de mire

La Ligue arabe a exprimé son "inquiétude", appelant les Arabes israéliens, qui représentent quelque 20% de la population, mais dont l'abstention s'annonce massive, à voter pour faire barrage à la droite.

Dès la fin du scrutin, de sérieux défis attendent le Premier ministre, à l'intérieur comme à l'extérieur. S'il peut se targuer d'une économie en relative bonne santé, ce nationaliste libéral devra soumettre le pays à une cure d'austérité après un dérapage budgétaire en 2012 (4,2% de déficit).

Sur le terrain international aussi, Benjamin Netanyahu pourrait être rapidement sur la sellette. Promoteur actif de la colonisation, il devrait se retrouver sous pression, en particulier des Européens, pour renouer le dialogue, suspendu depuis septembre 2010, avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

Obsédé par l'Iran, il n'a jusqu'à présent pas réussi à convaincre ses alliés de la nécessité d'une opération militaire contre les sites nucléaires iraniens. Pire encore, ses relations exécrables avec le président américain Barack Obama, qui a prêté serment dimanche pour un second mandat, font courir à Israël un risque d'isolement diplomatique croissant.

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