Gorbatchev regrette de ne pas avoir mené l'URSS "à bon port"

Mikhaïl Gorbatchev, 81 ans, se livre sur ses années au pouvoir dans un livre publié à Moscou, où il confesse des erreurs mais critique aussi le rôle des Occidentaux.

Sylvain Toiron avec AFP
Le 13/11/2012 à 16:13
Le dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev (Wikimedia/CC Вени Марковски)

En tête-à-tête avec lui-même. Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant soviétique, sort un livre de souvenirs de 600 pages. Dans cet ouvrage intitulé En tête-à-tête avec soi-même, il confie ses regrets et notamment le fait de ne pas avoir mené le bateau URSS "à bon port".

"Je me sens coupable"

Diminué, le père de la Perestroïka regrette. Il se sent "coupable" et estime "grande" sa responsabilité "tant à l’égard de l’Union soviétique, que de la politique mondiale". Il reconnaît aussi qu’"il y a eu des erreurs de la direction (de l'URSS), qui opérait sous le feu croisé des conservateurs et des radicaux, nationalistes, qui en définitive formaient un front uni avec pour objectif d'abattre le pouvoir soviétique".

Les regrets continuent, tels des aveux. Notamment le fait de ne pas avoir "su profiter pleinement du soutien total que nous accordait la population au début. (...) Nous avons petit à petit commencé à le perdre", poursuit celui qui fût à l’origine de la Perestroïka. Ses deux principales erreurs ? Il les reconnait ajoutant ces deux phrases : "Nous n'avons pas réformé à temps l'Union. Nous n'avons pas transformé à temps le Parti communiste en un parti démocratique moderne".

Le coup de grâce d

Mikhaïl Gorbatchev critique aussi le rôle des Occidentaux et en particulier celui des Etats-Unis, pour le soutien accordé, selon lui, à son rival Boris Eltsine.

Ce dernier, élu président de la Russie, porta le coup de grâce au régime soviétique après l'échec du putsch conservateur d'août 1991. "Son objectif - démembrer et détruire l'Union soviétique - coïncidait avec celui de la direction américaine", affirme avec le recul Mikhaïl Gorbatchev.

Le prix Nobel de la Paix 1990 souligne aussi dans son ouvrage, les acquis démocratiques de son passage au pouvoir. "Nous avons interdit la censure, donné la liberté de rassemblement et de manifester, le droit de créer des organisations et partis politiques, des élections libres", a-t-il affirmé.

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