Français enlevés au Cameroun : ce qu'il faut retenir

Sept touristes français dont quatre enfants ont été enlevés dans l'extrême-nord du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria. Un groupe islamiste nigérian pourrait être l'auteur du rapt.

Emmanuel Bringuier
Le 19/02/2013 à 23:24
Mis à jour le 20/02/2013 à 0:14
Le parc naturel de Waza, dans le nord du Cameroun. (AFP)

Sept Francais ont été enlevés au Cameroun à la frontière avec le Nigeria, ce mardi. Bien que le rapt n’ait pas été revendiqué, plusieurs voix se sont élevées pour pointer le groupe islamiste nigérian Boko Haram. BFMTV.com fait le point sur les évènements de la journée.

Que s'est-il passé ?

Sept Français enlevés au Cameroun. Mardi après-midi, une source proche de l’ambassade de France à Yaoundé indique que sept Français ont été enlevés dans le nord du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria. François Hollande, alors en déplacement en Grèce, confirme l'information et déclare qu'il s’agit de trois adultes et de quatre enfants.

Kidnappés dans une zone poreuse avec le Nigeria. Les sept Français venaient de terminer un safari dans la réserve naturelle de Waza à Dadanga, à 10 km de la frontière avec le Nigeria, où ils s’étaient rendus pour les vacances, observer des éléphants.

Après avoir passé la nuit dans le campement touristique du parc, ils sont repartis mardi matin et c’est vers 7h qu’ils ont été enlevés par des hommes armés circulant à moto.

Qui sont les Français kidnappés ?

Une famille d'expatriés. Les personnes sont de la même famille, expatriée au Cameroun. Ils seraient domiciliées à Yaoundé, la capitale du pays. Selon plusieurs sources, les enfants seraient âgés de 5 à 12 ans.

Un collaborateur de GDF Suez. Peu d'informations ont filtrées quant à l'identité des kidnappés, mais on sait qu'une des personnes travaillait pour GDF Suez. Le groupe a confirmé dans un communiqué "l’enlèvement d’un de ses collaborateurs avec sa famille". GDF Suez a tenu à "exprimer son émotion et témoigner toute sa solidarité aux personnes concernées".

Interrogé, le groupe n'a pas voulu donner plus de détails, se contentant d'affirmer que la sécurité de ses employés était sa priorité absolue.

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Qui est derrière cet enlèvement?

Le groupe Boko Haram pointé du doigt. Pour l'heure, le rapt n'a toujours pas été revendiqué. Néanmoins, de forts soupçons pèsent sur la secte islamiste de Boko Haram (littéralement "l’éducation occidentale est un péché"). Ce groupe armé, réputé très dangereux, revendique l’instauration de la charia dans la région.

Cet enlèvement a lieu trois jours après celui de sept employés étrangers d'une société de construction libanaise dans le nord du Nigeria. Ce dernier a été revendiqué par une faction de Boko Haram, le groupe islamiste nigérian Ansaru, qui aurait des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique.

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Le Cameroun, une zone dangereuse ?

Une frontière avec le Nigeria source de problèmes. Le pays n'est pas réputé pour être l'un des plus dangereux d'Afrique mais souffre de sa frontière avec le Nigeria.

"Au Cameroun, c’est la première fois qu’une telle prise d’otages a lieu mais la frontière est très poreuse avec le Nigeria", explique Daniel Bach, professeur à Sciences po Bordeaux et spécialiste de l’Afrique noire.

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Hollande appelle à la prudence. François Hollande a tenu a envoyé un message de prudence aux ressortissants français. "Nous devons avertir tous les touristes dans cette zone du Cameroun d'éviter de s'exposer" a déclaré le chef de l'Etat. 

L'ambassade conseille à tous les Français présents dans l'Extrême-nord de se mettre immédiatement à l'abri. La zone frontalière avec le Nigeria est formellement déconseillée sur une zone de 30 km dans les régions Extrême-nord et Nord.

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Est-ce une conséquence de la guerre au Mali?

La France menacée. Pour Pierre Lellouche, député UMP de Paris interrogé par BFMTV, l'intervention française au Mali "a donné un coup de pied dans la fourmilière, mais les fourmis se sont réparties sur un territoire immense et continuent à nuire".

Depuis l'intervention militaire au Mali, la France est menacée de représailles par les jihadistes.

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