Etats-Unis : l'exécution de Warren Hill suspendue in extremis

Le détenu Warren Hill, qui devait être exécuté mardi soir, a bénéficié in extremis d'un sursis. L'homme, qui souffre de troubles mentaux, a de nombreux soutiens.

A. G. avec AFP
Le 20/02/2013 à 10:11
Mis à jour le 20/02/2013 à 10:12
Warren Hill a échappé de justesse à la mort... Mais jusqu'à quand ? (HO / GEORGIA DEPT. OF CORRECTIONS / AFP)

Sept mois après un sursis de dernière minute, Warren Hill, un condamné à mort américain, a de nouveau échappé de justesse à son exécution mardi soir en Géorgie, sur la base d'un diagnostic médical unanime sur son retard intellectuel et ses troubles mentaux.
    
L'exécution de ce Noir américain de 52 ans, dont 21 passés dans le couloir de la mort pour le meurtre d'un co-détenu, a été suspendue "quelques minutes" avant l'injection létale, prévue mardi à 19h00 à Jackson, en Géorgie, selon son défenseur Brian Kammer.
    
Une cour d'appel du Sud-Est des Etats-Unis a accordé un "sursis conditionnel de l'exécution' et ordonné aux parties de montrer en quoi le retard mental de Warren Hill pouvait lui épargner la peine capitale.

L'exécution d'attardés mentaux interdite

"Tous les médecins qui l'ont examiné sont unanimes dans leur diagnostic du retard mental, il n'y a donc pas de doute que son exécution aurait été une violation de la décision de 2002 de la Cour suprême des Etats-Unis", s'indigne son avocat.
    
En 2002, la Cour suprême américaine a interdit l'exécution d'attardés mentaux car leur handicap "ferait courir le risque d'une exécution arbitraire". Mais elle a laissé chaque Etat fixer les conditions requises pour déterminer ce type de handicap.

Or la Géorgie est le seul Etat américain qui requiert que le retard mental soit prouvé "au-delà d'un doute raisonnable". Les autres Etats se contentent d'"éléments prépondérants" pour conclure qu'un condamné souffre de troubles mentaux.

La famille de la victime veut le gracier

La défense espère désormais que le handicap du condamné, dont le QI est inférieur à la moyenne, sera alors suffisamment établi au regard de la loi, particulièrement sévère, de Géorgie.

Plusieurs organisations et personnalités comme l'ancien président Jimmy Carter, mais aussi des jurés du procès et la famille de la victime elle-même, ont appelé à commuer la condamnation à mort de Warren Hill en réclusion à perpétuité.
   
Warren Hill avait déjà bénéficié d'un sursis de dernière minute en juillet 2012, en raison d'un changement de protocole, car il devait être le premier condamné à mort de cet Etat exécuté avec l'injection d'un seul produit, le pentobarbital, au lieu de trois auparavant.

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