Elections en Italie : l'increvable Berlusconi

Silvio Berlusconi s'est contre toute attente lancé dans une nouvelle bataille politique un peu plus d'un an après avoir quitté piteusement le pouvoir. Promesses attractives et plan média maison en font encore un incontournable acteur de l'Italie en 2013.

Samuel Auffray (article) & Romain Zlatanovic (sujet vidéo)
Le 23/02/2013 à 16:10

Il est toujours fringant malgré ses 76 printemps, ses multiples carrières, ses soirées Bunga-bunga et ses cinq campagnes électorales. Les élections générales qui se tiennent dimanche et lundi en Italie sont la sixième aventure politique de Silvio Berlusconi. On croyait Il Cavaliere empêtré dans ses ennuis judiciaires, terrassé par un dernier bilan calamiteux, et vacciné par son humiliant départ du pouvoir en 2011. Insuffisant. Le multi millionnaire le plus célèbre d’Italie, sourire ultra-bright de rigueur, abat encore une nouvelle carte.

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Pis, sa campagne, appuyée sur son empire médiatique est un succès. Crédité en fin d’année de 18% des intentions de vote, il a effectué une remontée spectaculaire à 28,5%, ramenant l'écart avec la gauche à quatre ou cinq petits points. Son secret? Des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent pour reprendre une formule politique à la française. Un aplomb hors norme qui lui permet de promettre monts et merveilles d’un point de vue fiscal dans une Italie étranglée économiquement et frappée par le chômage. Mario Monti son ancien allié et désormais ennemi l'accuse aussi de fabriquer l'opinion à grand renfort de courriers mensongers.

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Réussite professionnelle et politique

Ancien G.O sur des bateaux de croisières, VRP dans les aspirateurs, businessman à succès notamment dans les médias (Il avait lancé la 5 en France en 1992), président du Milan AC, le grand club de football, Silvio Berlusconi c’est l’histoire d’une ascension phénoménale sur un fond douteux dont il saura pourtant se dépétrer habilement quitte à faire voter des lois le protégeant. Car, dans sa vie bien remplie, il a rencontré la politique en 1994. 

Il fonde d'abord Forza Italia (Allez l'Italie!), formé essentiellement de cadres de la Fininvest, sa holding personnelle. Il remporte les élections mais, lâché par ses alliés, son gouvernement s'écroule au bout de sept mois. En 2001, il reconquiert le pouvoir qu'il conserve jusqu'en avril 2006, un record depuis l'après-guerre en Italie. Battu d'extrême justesse il parvient à prendre une revanche éclatante deux ans plus tard, s'installant aux commandes pour la troisième fois, avant de démissionner en novembre 2011.

Politique et chirurgie esthétique

En 2013, le coquet Silvio Berlusconi, qui se colore les cheveux et use du fond de teint à outrance, tente son ultime coup politique : une opération de chirurgie esthétique, dont il est friand, sur son bilan à la tête du pays. Sans vergogne il peste contre le pouvoir en place coupable d'avoir plongé le pays dans la recession.

La question est de savoir si Il Cavaliere saura suffisamment maquiller les traces de ses dernières interventions en, comme il le revendique, "parlant à l'estomac des Italiens". Une rhétorique fasciste. L'une des facettes du facétieux "Berlu". 

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