Acte 1 : mercredi matin, la prise d'otages
Mercredi, 5h40 du matin. Un groupe de terroristes armés, une trentaine selon Alger, surgit à bord de trois véhicules et attaque un bus d’expatriés sur un site gazier de la compagnie pétrolière publique Sonatrach, qui opère conjointement avec BP et Statoil.
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Ce site se situe à Tigantourine, à 40 km d’In Aménas dans le centre-est de l’Algérie, tout près de la frontière libyenne. Au cours de cet assaut, un Britannique et un Algérien sont tués, plusieurs autres personnes blessées.
Repoussés par des unités d’escorte, les islamistes reculent alors vers la "base de vie", près de l'entrée du complexe, et prennent en otage plusieurs centaines Algériens et d’étrangers. Très bien préparés, visiblement connaisseurs du site, ils arrivent de Libye mais disposent de plusieurs nationalités.
Ils se revendiquent rapidement de la brigade des "Signataires par le sang" dirigée par Mokhtar Belmokhtar, un des chefs historiques d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Belmokhtar, dit "Le Borgne", a récemment quitté Aqmi pour fonder sa propre unité.
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Les assaillants affirment alors que "41 otages occidentaux, dont 7 Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais" ont été pris en otage. D'après les témoignages d'otages qui ont réussi à s'échapper, ils étaient clairement intéressés par les otages occidentaux. Dans leurs déclarations, ils ne font pas état des centaines de travailleurs algériens également présents sur le site, qu'ils commencent d'ailleurs à libérer par groupes de vingt.
Acte 2 : jeudi matin, l'armée algérienne se déploie
Les ravisseurs affirment que l'Algérie a été choisie comme cible, car les islamistes n'acceptent pas "l'humiliation de l'honneur du peuple algérien", avec la décision du président Abdelaziz Bouteflika d'autoriser les avions français en route pour le Mali à traverser l'espace aérien algérien. Depuis quelques jours, en effet, la France s'est engagée aux côtés du Mali pour combattre les islamistes au nord du pays.
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Mais le ministre algérien de l'Intérieur Dahou Ould Kablia a rétorqué que les autorités "ne répondraient pas aux revendications des terroristes et refusent toute négociation". L'armée algérienne, elle, a répondu que "les autorités étaient prêtes à négocier, à condition que les ravisseurs ne touchent pas aux otages". Une condition qui n'aurait pas pas été respectée.
Acte 3 : jeudi midi, l'armée algérienne lance l'assaut
L'attaque permet la libération d'environ 600 travailleurs algériens, selon l'agence algérienne APS. Profitant de la confusion, un Français, deux Britanniques et un Kényan parviennent également à s'enfuir.
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Alger finit par justifier le recours à la force par le fait que les islamistes avaient l'intention de "quitter l'Algérie en emportant avec eux les otages étrangers".
Dans la soirée de jeudi, l'agence APS rapporte que le raid a permis à l'armée algérienne de reprendre le contrôle partiel du site gazier, notamment le "site de vie" du complexe où se trouvaient la majorité des otages. En revanche, l'usine reste sous contrôle des islamistes.
Acte 4 : consternation internationale
Le Premier ministre japonais est le plus agacé. Sans nouvelles de 14 ressortissants nippons, il réclame l'arrêt de l'assaut puis convoque vendredi matin l'ambassadeur algérien à Tokyo pour le sommer de s'expliquer. De leur côté, les Américains exigent de l'Algérie des éclaircissements sur l’intervention militaire. Les autorités britanniques, elles, semblent agacées de ne pas avoir été consultées sur le déroulement de l’intervention militaire.
Acte 5 : les suites de l'opération
Selon le dernier bilan des autorités algériennes, 573 citoyens algériens présents sur le site au moment de l'attaque seraient hors de danger, ainsi qu'une centaine de ressortissants étrangers.
Sept à dix islamistes encore présents sur le site se seraient retranchés dans la salle des machines avec des explosifs, menaçant de "tout faire sauter". L'armée aurait donc lancé dans l'après-midi un second assaut contre cette partie du site, après avoir préalablement coupé le gaz sur l'ensemble du site.
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Parmi les otages encore sur place, il y aurait notamment des Américains que les terroristes espèrent échanger contre deux jihadistes emprisonnés sur le sol américain.
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