Burning Man Festival : ville éphémère dédiée à l'art

La 26e édition du Burning Man Festival se referme ce lundi dans le désert du Nevada. Chaque année, plus de 50.000 personnes s'y retrouvent pour célébrer la création artistique et l'épanouissement personnel.

Olivier Laffargue
Le 03/09/2012 à 15:55
Mis à jour le 03/09/2012 à 17:17
Chaque année, une sculpture en forme d'homme est enflammée à la fin du festival. (Keuth Pomakis - Wikimedia - CC)

Black Rock City est une métropole unique au monde. Cette ville éphémère abrite le Burning Man festival, un rendez-vous artistique iconoclaste niché dans le désert du Nevada. La cité n’existe que quelques jours par an, la dernière semaine d’août. En quelques heures se lève dans la poussière une véritable ville utopique de plus de 50.000 habitants, dédiée à l’expression personnelle, à l’art et à l’autosuffisance. Une semaine pendant laquelle la création se revendique sans limites.

L’édition 2012, sous la thématique "Fertility 2.0", se referme ce lundi. Ce soir, comme chaque année, le bonhomme de bois emblématique de l’événement partira en fumée.

Localisation du Burning Man Festival.

Le festival est peu connu en Europe mais mythique aux Etats-Unis. Le dicton veut que personne ne peut savoir ce qu’est le Burning Man sans y être allé au moins une fois dans sa vie. C’est d’ailleurs ainsi que le festival se décrit lui-même sur son site internet : « Essayer d’expliquer ce qu’est le Burning Man à quelqu’un qui n’y est jamais allé est comme essayer d’expliquer à quoi ressemble une couleur particulière à un aveugle. »

Un festival qui attire trop de monde

Décrit tantôt comme un repaire de hippies, tantôt comme un lieu de création révolutionnaire, on parle souvent de lui comme le festival le plus déjanté et le plus mystérieux de la planète. Il est de notoriété publique qu’un certain nombre de substances plus ou moins légales y circulent. De l’avis de nombreux participants, comme celui-ci qui a mis une vidéo sur son compte Youtube, "On en sort forcément transformé". Chapiteaux, immenses structures faites de matériaux de récupération, concerts, cirque, déguisements, performances… Le tout forme un ensemble complètement hétéroclite et dépaysant.

Le festival a été mis en probation par les autorités pour avoir accueilli trop de monde lors de ses précédentes éditions, la fréquentation du lieu est donc en légère baisse (1% avec un pic à 52.000 personnes) mais sa popularité est toujours intacte. C’est que l’événement est très photogénique, de nombreux sites d’actualités américains y vont chaque année de leur diaporama, on trouve facilement des photos et vidéos de festivaliers. Cela donne lieu, parfois, à des projets artistiques en ligne. Fait nouveau : avec l’essor de Twitter, il est possible de suivre à distance tout ce qui s’y passe. Une webcam tourne d'ailleurs en permanence au centre du camp.


Des festivaliers racontent le Burning Man en vers.

Le petit rassemblement de vingt personnes sur une plage de San Francisco, en 1986, a bien évolué depuis sa première édition. A l’époque, Larry Harvey, son créateur, avait décidé de brûler un personnage de bois. La tradition et le nom sont restés. Le Burning Man a même fait des petits : Afrika Burn se déroule en Afrique du Sud, Burning Man Australia près de Narrandera, Kiwiburn en Nouvelle-Zélande, et le Nowhere, perdu près de Saragosse, en Espagne.

Les dix commandements

Déjanté ne veut pas dire qu’on y fait n’importe quoi. Dix règles régissent la vie en communauté dans ces rassemblements, dont la plus fondamentale, qui existe depuis la fondation de l’événement : ne pas laisser de traces derrière soi. On arrive avec ce dont on a besoin, et on repart avec pour que rien n’y paraisse une fois que le festival aura quitté les lieux. C’est un festival écologique, dont les pratiques artistiques sont souvent fondées sur la récupération.

D’autres principes peuvent parfois être adoptés dans ses déclinaisons internationales : sur le Nowhere, par exemple, il n’y a pas de public, au sens traditionnel du terme. Tout le monde doit participer, la passivité est proscrite. De plus, le commerce y est interdit. C’est une parenthèse hors du monde, qui se referme presque aussitôt.


La vie sur place, et le témoignage d'un festivalier français.


Une vidéo de dix minutes qui donne une bonne idée de l'ambiance de l'édition 2011.

Toute l'actu International

La question du jour

Faut-il dissoudre la LDJ, Ligue de défense juive?