Assad "perd son temps à tirer sur les Israéliens"

Depuis 48 heures, la crispation autour du plateau du Golan, touché dimanche par un obus syrien, est intense. Voici le point de vue de notre éditorialiste Harold Hyman.

Harold Hyman
Le 13/11/2012 à 14:00
Mis à jour le 13/11/2012 à 14:06
Bachar al-Assad (RT/AFP)

Golan : l'armée israélienne riposte et touche une cible syrienne


Echanges de tirs entre Israël et la Syrie sur la frontière du Golan


Tirs israéliens : pourquoi le plateau du Golan est-il stratégique ?


Depuis dimanche, Bachar al-Assad tente d'attirer Israël dans la guerre civile syrienne, afin de chambouler le front des combats entre l'armée du régime et les rebelles. Israël riposte afin de faire cesser ce jeu syro-syien qu'il méprise. Retour sur cet épisode.


• Deux tirs de l'artillerie gouvernementale syrienne:

Deux fois - une fois dimanche 11 novembre et puis une fois lundi 12 novembre - des obus de mortier syriens ont atterri dans le Golan, ce lambeau de terre syrienne annexé par l'État d'Israël depuis 1967 (brièvement repris par l'armée syrienne en 1973). L'armée israélienne a riposté au premier tir par un tir sur une zone vide; au second tir par une riposte directement sur le mortier qui avait tiré, blessant deux soldats syriens. Depuis ce dernier incident, lundi matin, tout se calme.

• Erreur ou provocation?

Est-ce une erreur ou une provocation, Israël se le demande, tout en agissant : bien sûr, les décideurs israéliens ne sont pas sûrs que les tirs gouvernementaux aient tous été intentionnels. Certains tirs étaient surement destinés aux rebelles, cachés près de la frontière. Mais d'autres tirs ne pouvaient être qu'intentionnels, ou d'une négligence provocatrice, selon des sources israéliennes.

• Le Plan machiavélique d'Assad (s'il en a un):

Une question demeure. Que ferait Israël dans une lutte syro-syrienne? Tsahal bousculerait les lignes en pénétrant en Syrie proprement dire, et se trouverait face à la rébellion qui ne semble guère pro-israélienne. Le plan machiavélique d'Assad serait alors comme suit:

- laisser Tsahal se heurter à l'Armée syrienne libre (i.e. rebelle), dont les djihadistes en son sein adoreraient combattre l'ennemi absolu, le juif sioniste;


- résister à Tsahal, côté armée gouvernementale, pour se refaire une gloire;

- rassembler les États arabes dans un front anti-Israël, et non plus un front anti-Baas et anti-Mollah iranien.

Benyamine Netanyahou aura peut-être compris le plan Assad : sa riposte ferme a indiqué au président syrien que c'est strictement l'armée officielle syrienne qui serait visée, et que donc la rébellion ne serait pas attaquée. Les rebelles ne le remercieront pas ! Mais ils auraient pu.

En somme, peu importe à Israël qui est son ennemi: il gardera l'initiative. Ici l'initiative est de montrer à Assad que son armée sera bombardée efficacement, exclusivement, et à distance, et la rébellion épargnée entièrement. Conclusion : aucun avantage pour Assad de provoquer la puissance israélienne, cela ne sauvera pas son régime.

• Pendant ce temps, à Gaza: 


Les tirs depuis Gaza vers Israël, et la riposte aérienne israélienne, sont bien plus déstabilisants pour la nation israélienne : les évacuations vers les abris, les blessés, tout cela précarise la vie d'un million de personnes (situés dans le rayon de tir de Gaza), et donc ne peut être toléré par un gouvernement qui se respecte. C'est pourquoi Netanyahu pourrait renouveller l'opération Plomb Durci (27 décembre 2008 - 18 janvier 2009, 1 440 morts Palestiniens, 13 Israéliens) .

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