Un trader, un courtier, nos fantasmes

Comment un simple petit mot dans "l'affaire Findus" illustre notre vision économique

Le 12/02/2013 à 9:30

Ce n’est qu’un mot, un seul, au cœur de la crise de la viande de cheval. « Trader ». Les media ont identifié des traders, je ne sais plus trop où d’ailleurs, peu importe. En fait, ce sont des « courtiers », des intermédiaires, comme dans toutes les professions du monde, entre les producteurs et les éventuels clients. Il n’y a pas de « trader » sur les carcasses de viande.

La différence? c'est le Figaro qui nous l'explique: "il est propriétaire de la marchandise qu'il achète et qu'il revend". Le Figaro l'explique dans un article pourtant titré: "un trader dévoile les circuits mondiaux" . Si! Allez voir

Mais le « trader » c’est le mal absolu, c’est le destructeur de la planète. Donc allons-y pour le trader !

Double contre-sens. D’abord, parce qu’en oubliant le courtier, on oublie un maillon essentiel de toutes les chaînes logistiques. On s’en fout ? Non ! Nier la réalité logistique c’est refuser de comprendre les mécanismes de l’économie mondialisée

Mais surtout, on veut faire apparaître le « diable absolu » du discours économique : le trader sur les matières premières agricoles !

Celui-là il existe, et parce que, justement, on refuse en matière économique de regarder le réel pour flatter les fantasmes, on le désigne comme le responsable de famines endémiques. Vous cherchez un bouc émissaire ultime ? le trader sur les matières premières agricoles fera toujours l’affaire

la beauté du Diable

En fait, c’est bien l’inverse. La réalité c’est qu’il en faudrait plus, et encore plus, des traders sur les matières premières agricoles. Il faudrait faire de cette matière première agricole, une matière première à part entière, développer les investissements, les zones de production.

C’est bien un marché, un vrai marché, large, mondial, réglementé, qui permet d’encaisser les chocs des cours, de se dégager des calamités climatiques, de définir un prix mondial qui freine les tentations protectionnistes, de mettre en culture les zones oubliées, de chercher toujours plus de rentabilité et donc d’efficacité. Seul le développement du marché pourra relever le défi alimentaire de la planète

Un petit mot dans « l’affaire Findus » nous dit que cette vérité-là, nous ne sommes pas encore prêts à l’entendre

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