Transition énergétique: "Il y a juste un coup de rein à donner"

François Brottes, le président de la Commission des Affaires économiques à l'Assemblée, a évoqué l'avenir de l'énergie en France sur le plateau de BFM Business ce mercredi 28 novembre, à la veille du grand débat sur la transition énergétique.

BFMbusiness.com
Le 28/11/2012 à 20:38
François Brottes, le président de la Commission des Affaires économiques à l'Assemblée, a évoqué les enjeux du débat sur la transition énergétique, sur BFM Business. (dr)

Il s'agit d'un débat sous haute tension. Les discussions concernant la transition énergétique débutent jeudi 29 novembre, et le problème n'est pas simple. Comment consommer moins ou/et mieux sans investir des centaines de milliards d'euros que la France ne possède pas? François Brottes, le président (PS) de la Commission des Affaires économiques à l'Assemblée, a évoqué les pistes envisagées ce mercredi. Invité du Grand journal de BFM Business, il a tout de suite annoncé la couleur: "On est obligés de changer de modèle. Mieux vaut le faire aujourdhui que dans 20 ans."
Pour lui, les énergies renouvelables les plus fréquemment citées, tels l'éolien ou le photovoltaique, ne peuvent pas résoudre tout le problème: "on a pas moyen de stocker cette énergie. Donc quand le vent souffle et qu'une éolienne produit de l'énergie dont on a pas besoin, qu'est-ce qu'on fait?"

La transition énergétique est-elle antisociale?

Changer de modèle, donc. Mais comment? Le député socialiste détaille sa pensée: "il ne faut pas mettre tous nos œufs dans le même panier, développer d’autres sources d’énergie, aller vers l’efficacité énergétique et l’économie d’énergie.Il faut simplement s’en convaincre. C’est dur, car on a eu l’impression d’une espèce d’abondance pendant des années. D’autant que nous allons avoir des transferts d’usage vers l’électricité, comme la voiture électrique, ou l’informatique."

Problème: tout cela coûte cher, notamment pour les plus pauvres qui, en proportion de leurs ressources, consomment beaucoup plus que les classes aisées pour le logement et le transport. Les batiments à basse consommation, par exemple, nécessiteraient un surcoût de 10 à 20% qui rendrait impossible l’accès à la propriété pour presque 30% des Français, selon Emmanuel Lechypre, éditorialiste à BFM Business et BFMTV. Une hypothèse que François Brottes réfute en partie.

Si l'élu isérois reconnaît volontiers que transformer les batiments existants "coûte beaucoup trop cher par rapport à ce que cela rapporte", pour les nouveaux, en revanche, ce n'est pas la même chose. "Les bâtiments à énergie positive, on ne les chauffe plus ! Vous vous rendez compte de ce que ça peut signifier, même s’il y a un surcoût à l’investissement, de ne plus avoir à payer de facture de chauffage de toute sa vie?"

Et de conclure: "un changement de modèle économique serait  énorme pour le pays, car il n'aurait plus à investir dans des systèmes de production qui coutent extrêmement cher, et énorme pour le pouvoir d’achat. Il y a juste un coup de rein à donner."