Schneider Electric : " Notre croissance se fait dans les nouvelles économies"

Jean-Pascal Tricoire, président du fabricant de matériel électrique, était sur BFM Business ce jeudi 21 février. Il a présenté les chantiers d’avenir du groupe, toujours orientés vers l'économie d'énergie.

Nina Godart
Le 21/02/2013 à 10:54
Mis à jour le 21/02/2013 à 10:57
Jean-Pascal Tricoire, le président de Schneider Electric, était avec Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce jeudi (BFM Business)

Schneider Electric semble devenu incontournable. Le numéro un mondial des équipements électriques basse et moyenne tension a annoncé, ce 21 février, une hausse de son chiffre d’affaires de 7% en 2012, à 23,95 milliards d'euros. Le groupe a par ailleurs réussi à compenser la baisse des volumes par ses hausses de prix et des gains de productivité.

Son PDG, Jean-Pascal Tricoire, était l’invité de la matinale de BFM Business. Il y expliquait pourquoi Schneider s’en sortait aussi bien, même quand la conjoncture mondiale fait grise mine. Leur activité concerne "tout ce qui fait la ville", à l’heure où l’urbanisation est "le grand phénomène du siècle", souligne-t-il. En particulier dans les pays émergents.

Jean-Pascal Tricoire reconnaît que "la plus grande part de notre croissance se fait dans les nouvelles économies". Sans compter la Chine, où la croissance a ralenti en 2011, la différence de progression est de "10% entre les émergents et les économies matures", explique-t-il.

Des technologies pour économiser 30% d'énergie

Autre point fort de Schneider : "on a compris avant les autres que l’énergie serait un énorme problème". Le président du directoire affirme que la part du déficit commercial français lié à l’énergie a augmenté de 7 milliards l’année dernière, "à 67 milliards alors qu’on était à 10 milliards il y a quelques années".

Parti de ce constat, Schneider développe depuis dix ans des "technologies simples, pas chères, faciles à mettre en œuvre, qui permette au client de comprendre ce qu’il consomme et de réduire la consommation d’énergie de 30%".

Jean-Pascal Tricoire annonce ainsi que Schneider s’apprête à lancer "un système qui nécessite peu d’installation, qui renverra sur votre smartphone, tablette, ordinateur, l’image digitale de tout ce qui se passe en terme d’énergie dans votre maison". Selon lui, d’après leur expérimentation "le temps de retour sur investissement, c’est-à-dire le temps que les économies d’énergies mettent à rembourser l’investissement dans cet équipement, est de deux ans et demi".

Mix énergétique

Un système intéressant dans le cadre du débat sur la transition énergétique. A ce propos, le directeur général de Schneider électrique regrette que la question du "mix énergétique -le nucléaire, le gaz de Schiste- très émotionnel", occupe 80% du temps. Et que les autres sujets soient moins discutés par les médias, et les personnalités qui s’expriment sur le sujet.

Par exemple, d’après lui, "il y a un sujet dont on ne parle jamais, c’est le bâtiment, qui fait pourtant 45% de la consommation d’énergie". Or en s’intéressant au "potentiel extraordinaire" d’économies d’énergie dans ce secteur, il l’assure : "on peut gagner 10 milliards d’euros sur notre facture énergétique à court terme, et créer de 30 à 40 000 emplois".

Pour finir, Jean-Pascal Tricoire s’est exprimé sur l’affaire Titan. Il dit ne pas se reconnaître dans la lettre envoyée par l’industriel. Il ne retrouve rien de ce qu’il décrit dans son usine. Mais il met en garde : c’est "bien comme cela que beaucoup nous voit à l’étranger". "La France fait peur, notamment à cause de prises de position qualifiée ici de symbolique, mais de non-pragmatique ailleurs", déplore-t-il.