Ces scandales bancaires qui ont noirci l'année 2012

En Europe comme aux Etats-Unis, les différents établissements ont dû faire face à plusieurs grandes affaires qui ont plombé leurs comptes. Pour les seules grandes banques européennes, la facture s’est élevée à six milliards de dollars.

Julien Marion
Le 04/01/2013 à 15:18
La City, comme les autres places boursières, a été éclaboussée par plusieurs scandales ((Flickr/CC/howzey))

Libor, blanchiment d’argents, transactions interdites avec l’Iran, saisies immobilières abusives, les amendes ont été particulièrement salées pour les banques cette année. Selon les données compilées par l’agence spécialisée Bloomberg, les seuls grandes banques européennes ont dû payer plus de six milliards de dollars (4,6 milliards d’euros), soit un peu moins du quart de leurs profits attendus cette année par les analystes.

Et les poursuites ne sont pas encore closes, loin s’en faut. A tel point que le très réputé magazine The Economist, dans sa dernière édition, qualifie 2013 de "l’année de l’avocat" pour les banques. Voici un tour d’horizon des grands affaires et scandales judiciaires.

> Le scandale du Libor

S’il ne fallait retenir qu’un scandale financier pour l’année 2012, le Libor serait clairement celui qui reviendrait sur toutes les lèvres. Dans cette affaire, une vingtaine de banques sont accusées d’avoir manipulé le London Interbank offered rate (le Libor), qui est construit en sondant, chaque jour, les banques sur le taux auquel elles pourraient emprunter sur le marché interbancaire.

Plusieurs établissements se seraient ainsi arrangés pour manipuler ce taux en leur faveur, car le Libor sert de base à de nombreux produits, vendus aux investisseurs, aux entreprises comme aux particuliers.

Cette affaire a plus particulièrement mis à mal la banque suisse UBS qui a dû payer, en décembre un total de 1,1 milliard d’euros d’amendes pour solder les poursuites aux Etats-Unis, en Suisse et au Royaume-Uni. La Britannique Barclays avait, elle, mis le feu au poudre en révélant, en juillet, avoir payé 360 millions d’euros pour mettre fin une enquête la visant.

Le 12 juillet dernier, une note des analystes de la banque Morgan Stanley expliquait que le scandale du Libor pourrait coûter jusqu’à 22 milliards (16,8 milliards d'euros) de dollars à 11 banques, à travers les différentes plaintes susceptibles de les concerner.

Le Libor n’a donc pas encore fini de faire parler de lui, de nombreuses procédures étant en cours. Et désormais, les autorités se penchent sur un autre taux interbancaire susceptible d’avoir été manipulée par les banques : l’Euribor.

> Les saisies immobilières aux Etats-Unis

Le 31 décembre dernier, Le New York Times révèle que 14 banques du pays se sont entendues avec les régulateurs fédéraux pour verser 10 milliards de dollars (7,6 milliards d'euros) de dédommagement à des particuliers.

Il s’agit en fait d’une conséquence malheureuse de la crise des subprimes, ces produits dérivés de créances hypothécaires qui mettaient en gage des maisons. Les établissements bancaires ont opéré des saisies immobilières massives et surtout abusives. Depuis avril 2011, les autorités américaines ont demandé aux banques d’indemniser les ménages concernés par ces abus.

D’après le New York Times, plus de 3,7 milliards de dollars iraient aux personnes qui ont déjà été exclues de leurs maisons selon les termes de cet accord qui serait sur le point d’être signé.

En février, cinq grandes banques (Wells Fargo, JPMorgan, Bank of America, Citigroup, Ally) s'étaient mises d'accord sur 25 milliards de dollars avec les autorités locales et fédérales. Celui-ci prévoit diverses mesures, dont des baisses sur les taux d’intérêts des prêts octroyés aux propriétaires, mais pas d’indemnisation directe.

> Le blanchiment d'argent et les transactions avec l'Iran

La plus grosse amende payée l’année dernière a été mise sur l’ardoise de la  banque sinno-britannique HSBC. Celle-ci a dû débourser, le 11 décembre dernier, 1,5 milliard d’euros pour clore une série d’enquêtes portant sur le blanchiment d’argent. Elle était notamment accusée de faciliter des transferts de fonds provenant de cartels de la drogue, ou de passer des transactions avec l'Iran,ce que la loi américaine interdit.

Les Etats-Unis ont  d'ailleurs épinglé plusieurs autres banques au motif qu'elles ont passé des opérations avec des pays sur la liste rouge de Washington (Iran mais aussi Libye et Cuba). Il en a coûté 619 millions de dollars (479 millions d'euros) à la Néerlandaise ING et 667 millions de dollars (509 millions d'euros) à la Britannique Standard Chartered. Et de 2009 à 2011, des banques comme Barclays ou Crédit Suisse avaient déjà été punies à coup de centaines de millions de dollars d'amendes. La banque suisse UBS est également poursuivie pour blanchiment d'argent.

> Les ventes forcées d'assurance-crédit au Royaume-Uni

Dans ce dernier dossier, exclusivement britannique, les banques n’ont pas encore à proprement parler mis la main au portefeuille. Mais elles ont dû passer des provisions qui ont fait plonger leurs résultats du troisième trimestre dans le rouge. Cela a ainsi été le cas de Barclays, Lloyds et Royal Bank of Scotland.

En cause, un autre scandale qui ébranle la City : les ventes forcées des produits d’assurance-crédit (PPI). Ces produits permettaient d'assurer le remboursement d'un crédit malgré une perte de revenus liée à la maladie, au décès ou à la perte d'un emploi. Ils ont longtemps été vendus d'office aux clients avant que cette pratique ne soit définitivement condamnée par la Haute Cour de Londres.

Depuis les plaintes se sont multipliées. Début novembre 2012, le montant total des provisions passées par les banques britanniques a dépassé les 10 milliards (13,5 milliards) de livres.

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