Salon de l'Agriculture : 3.000 euros pour exposer une vache

Plus de 4.000 animaux seront présentés pour cette 50ème édition du Salon de l'Agriculture, qui ouvre ses portes le 23 février à Paris. Un investissement pour les éleveurs, qui en tirent surtout des bénéfices en termes d'image.

Coralie Cathelinais
Le 23/02/2013 à 14:10
Mis à jour le 23/02/2013 à 17:39
Le Salon de l'Agriculture, qui se tient du 23 février au 3 mars, est l'occasion pour les éleveurs d'exposer leurs plus belles bêtes. (Flickr-bibi95)

Les chiffres clés

La production bovine en France :

> La France possède le 1er cheptel bovin de l'Union européenne avec 19,1 millions de têtes

> 24,6 millions de tonnes de lait de vache ont été collectées en France.

> 200.000 exploitations possèdent un cheptel bovin, dont 83.000 de races laitières et 126.000 de races nourricières

 > en 30 ans, le nombre de ces exploitations a baissé de 67%

> dans le même temps, la taille du cheptel a augmenté : la moyenne était de 38 têtes en 1983, elle est de 98 têtes en 2011.

 

Pour la 50ème édition du Salon de l'Agriculture, 1.900 éleveurs se donnent rendez-vous à la Porte de Versailles, à Paris, pour exposer leurs plus beaux spécimens. Entre les bovins, les caprins, les porcins, ce sont au total 4.000 animaux qui vont quitter leurs champs pour devenir les ambassadeurs de la filière agricole.

Parmi eux, 18 taureaux et vaches de la race Salers. Lionel Duffayet, président du Groupe Salers Evolution, va exposer deux bêtes issues de son élevage situé en plein coeur du Cantal. Voilà 20 ans qu'il ne rate pas une édition du salon. Pourtant cela représente un investissement conséquent. "Il faut compter entre 2.000 et 3.000 euros pour les sept jours de présence au salon", évalue l'éleveur. Une somme qui représente jusqu'à deux mois de son salaire. Il nous livre le détail de ses dépenses.

Lionel Duffayet, président du Groupe Salers Evolution, au milieu de son élevage.

>> Le stand

Même si il est partagé entre plusieurs éleveurs, le stand représente un poste de coût important. Il faut compter au minimum 3.800 euros pour une surface de 18 m2. Et ce tarif ne comprend pas les frais d'enregistrement, de gestion du dossier et de communication, ni l'électricité ou les coûts de nettoyage.

>> L'hébergement

Pour réduire les frais, certains éleveurs décident de dormir sur place. "Moi, j'opte pour la solution plus chère, mais aussi plus confortable de dormir à l'hôtel, sinon au bout de quelques jours on est sur les rotules" explique l'éleveur. En comprenant les nuitées d'hôtel, sa semaine au salon lui revient à 3.000 euros.

>> Le transport

Il est organisé par le Herd book Salers, l'association qui rassemble les éleveurs de cette race bovine pour en faire la promotion et la sélection. Ce qui élimine les soucis de gestion et permet, une fois encore, de mutualiser certains frais.

Pour l'acheminement des bêtes jusqu'à Paris, les éleveurs ont droit à une subvention du Ministère de l'agriculture versée directement par le salon de l'agriculture. "C'est environ 280 à 300 euros par tête, pour les bovins" détaille président du Groupe Salers Evolution.

>> Les retombées économiques

"Elles sont difficiles à évaluer et en tout cas indirectes. Il s'agit surtout de faire la promotion d'une race qui nous tient à cœur ", explique l'éleveur. Ses bêtes sont destinées à la reproduction. Aussi, si l'un de ses taureaux est primé au Concours général agricole, il peut avoir l'espoir de voir les demandes de saillies augmenter, et éventuellement les proposer un peu plus cher.

Mais pour lui, une médaille d'or bénéficie plutôt aux races à viande, comme les Charolaises, les Limousines " Si une bête est primée, alors le prix auquel le boucher va acheter sa carcasse sera plus élevé à coup sûr", relate l'éleveur.

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