PSA-Renault : lequel des deux s'en sort le mieux ?

Les deux fleurons tricolores traversent actuellement une passe difficile. Renault vient ainsi d'annoncer 7500 suppressions de postes. Mais en comparant leurs performances, la marque au losange semble s’en tirer globalement mieux.

Julien Marion
Le 16/01/2013 à 19:00
Mis à jour le 17/01/2013 à 8:46
Les analystes s'attendent à voir PSA plonger dans le rouge et Renault se maintenir dans le vert (Montage BFMbusiness.com)

PEUGEOT RENAULT
Les chiffres clés Ventes en France:
- PSA: 700 928
- Renault: 551 334 véhicules

sources: CCFA


Ventes dans l'Union européenne:
- PSA: 1,64 millions
- Renault: 1,27 millions

sources: ACEA

L'automobile française est en pleine convalescence. Renault a annoncé, mardi 15 janvier, une réduction de ses effectifs de 7 500 postes d'ici 2016, emboîtant le pas à son concurrent PSA, qui avait annoncé son plan de restructuration en juillet, avant d’en augmenter l’ampleur en décembre dernier à 11 214 postes à l'horizon 2014.

Les deux rivaux pâtissent tous les deux d’un marché domestique en perte de vitesse. Mais à y regarder de plus près, leurs situations respectives restent très différentes.

> Ventes en France et en Europe: PSA résiste mieux

L’annus horribilis qu’a connu le marché français a été un peu plus dur pour Renault que pour PSA. Le groupe dirigé par Carlos Ghosn a vu ses ventes baisser de 19,8%, l’année passée, contre 16,6% pour celui de Philippe Varin, selon les chiffres du Comité des constructeurs français de l’Automobile (CCFA).

Au niveau de l’Union européenne, la différence est plus nette. Les données publiées, ce mercredi 16 janvier, par l’ACEA (Association des constructeurs européens de l’automobile) montrent que les ventes de PSA ont décroché de 12,9%, celles de Renault de 19,1%.

> International : Renault porté par le Brésil et la Russie, PSA met le cap sur la Chine

C’est là où Renault fait la différence au niveau mondial. Pour 2012,le groupe va réaliser plus de 50% de ses ventes hors Europe (sur le seul troisième trimestre, le groupe se situait à 55%) quand PSA tourne autour des 40%.

"Le point fort de Renault est de se situer sur des marchés en forte croissance comme le Brésil ou la Russie, qui surperforment. C’est ce qui permet au groupe de mieux résister que Peugeot qui lui reste surexposé au marché européen", explique Xavier Caroen, analyste action spécialiste de l’automobile chez Kepler Capital Markets.

PSA a compris qu’il lui faut se rapprocher de son concurrent. La société vise ainsi un objectif de 50% de ventes hors Europe.

Dans ce but, elle va mettre la priorité sur la Chine. Ce qu’expliquait d’ailleurs le patron de Citroën, Frédéric Banzet, à BFM Business, le 9 janvier dernier : "la première priorité pour Citroën est la Chine", assurait-il.

> Stratégie: Renault vers le low-cost, PSA vise le haut de gamme

Concernant leurs modèles de base, les deux groupes se situent tous les deux sur des véhicules de petits et moyens segments, avec notamment un joli match entre la Clio IV de Renault et la 208 de Peugeot.

Il en est tout autrement pour leurs relais de croissance. PSA met ainsi l’accent sur le haut de gamme via sa ligne phare : la DS. Renault se focalise davantage sur l’entrée de gamme, avec Dacia, qui lui permet de percer sur les émergents.

"Dans leurs axes de croissance, PSA privilégie donc la montée en gamme quand Renault travaille plus sur le low-cost. Globalement, la stratégie de Renault semble plus payante puisqu’elle réussit à dégager une marge plus importante grâce notamment à des partages de coûts fixes et de développement entre modèles importants et à ses usines implantées dans les pays émergents", analyse Xavier Caroen.

"Cependant Peugeot semble s’intéresser de plus en plus au marché low-cost. Même si la direction ne le dit pas explicitement. Certains modèles destinés aux émergents, comme la Citroën C-Elysée ou la Peugeot 301 pourraient ainsi voir leurs marchés s’élargir", nuance-t-il.

> Alliances : Nissan, le moteur de Renault

L’alliance Nissan-Renault convainc. "Cette alliance a pris du temps mais elle dégage désormais de nombreuses synergies grâce aux nombreux partages de coûts et d’investissements entre les deux entreprises", souligne Xavier Caroen.

A l’inverse, l’alliance entre General Motors (GM) et PSA n’a pas encore décollé.Seuls les prémices de cette alliance ont été dévoilés. Par ailleurs, des rumeurs, pour le moment fortement démenties par les deux groupes, circulent sur une vente d’Opel à PSA par GM.

> Résultats financiers: Renault voit vert, PSA en perte

Le diagnostic est lapidaire : PSA sera dans le rouge, Renault dans le vert. Le consensus des analystes de Thomson Reuters, s’attend ainsi à un bénéfice de 2,4 milliards d’euros, contre une perte de plus de 900 millions d’euros pour PSA.

> En Bourse: Renault rit quand PSA pleure

Sur la place de Paris, les deux constructeurs ont réellement connu des trajectoires diamétralement opposées. Tout au long de l'année 2012, Renault a progressé de plus de 50% quand PSA a connu une chute de plus de 50%. Ce dernier a quitté, en septembre, le CAC40, quand Renault reste lui solidement ancré parmi les 40 valeurs les plus exposées de la Bourse parisienne.

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