Poussée de fièvre chez PSA

Après Renault qui a annoncé près de 8 000 suppressions de postes, mardi 15 janvier, c'est au tour de PSA de faire la une. Une nouvelle séance de négociation du plan de départs volontaires a lieu, ce jeudi 17 janvier, sur fond de mobilisation des syndicats.

Coralie Cathelinais
Le 17/01/2013 à 8:03
Mis à jour le 17/01/2013 à 11:44
Les syndicats de PSA font monter la pression à propos des suppressions de postes.  (DR)

L'industrie automobile française traverse une nouvelle zone de turbulence. Après l'annonce par Renault de 7 500 suppressions d'emploi d'ici 4 ans, c'est au tour de son concurrent tricolore d'être agité par des mouvements sociaux.

Hier, mercredi 16 janvier, le site d'Aulnay-sous-Bois, promis à la  fermeture, a été paralysé par une grève. Le mouvement se poursuivait ce matin, bloquant la production. Dans le même temps, d'autres salariés de PSA ont mené, tôt ce jeudi, une action avant la séance de négociation qui doit se tenir au siège du groupe, à Paris, concernant les indemnités de départ ou de reclassement des salariés quittant le groupe. Une quarantaine de salariés s'est rendu devant le domicile de Thierry Peugeot, le président du conseil de surveillance du groupe, pour manifester sa mauvaise humeur.

Ce jeudi, Michel Sapin, le ministre du Travail, a estimé sur France Info : "On voit la différence entre ceux qui veulent prendre les devants pour éviter une catastrophe sociale et ceux qui n'ont pas suffisamment anticipé et qui doivent traiter des situations sociales extrêmement difficiles". Référence à Renault, dont l'Etat est actionnaire, qui anticipe mieux selon le ministre les réductions d'effectifs.

La stratégie devant la Commission des affaires économiques

Comment sauver PSA Peugeot Citroën ? C’était justement la problématique qui a conduit la Commission des affaires économiques et sociales de l'Assemblée nationale à auditionner, mercredi 16 janvier, Emmanuel Sartorius et Jacques Serris, co-auteurs du rapport commandé par le Gouvernement sur la situation de PSA, et les experts du cabinet Secafi, mandatés par le comité d’entreprise pour faire un état des lieux du groupe.

Hasard du calendrier, cette audition se tenait le jour même de la publication des chiffres du marché automobile européen, en recul de plus de 8% en 2012. Les experts présents se sont accordés pour dire que la situation de PSA s’est, elle aussi, aggravée depuis leur intervention, il y a 6 mois. Il y a donc urgence pour le constructeur à revoir sa stratégie pour lui permettre de se relancer durablement, au-delà de 2014, date à laquelle son plan de restructuration doit lui permettre de retrouver l’équilibre.

Revoir les gammes de véhicules

Les experts présents se sont accordés pour dire que la situation de PSA s’est, elle aussi, aggravée depuis leur intervention, il y a 6 mois. Il y a donc urgence pour le constructeur à revoir sa stratégie pour lui permettre de se relancer durablement, au-delà de 2014, date à laquelle son plan de restructuration doit lui permettre de retrouver l’équilibre.

"PSA semble voir du mal gérer les deux marques Peugeot et Citroën. Il a fallu attendre les années 2000 pour voir une unification technique des deux groupes. Et chacune des deux marques continue à avoir son propre réseau commercial ", regrette Emmanuel Sartorius. Pour lui, si l’on excepte la ligne des DS, les modèles des deux marques sont trop similaires. L’éventualité d’un rapprochement avec Opel, très présent lui aussi sur le créneau des automobiles de milieu de gammes, laisse craindre de nouvelles redondances.

Le groupe Volkswagen a été cité en exemple par les députés présents. L’allemand, qui gère 17 marques, a su donner une place à chacune d’elles. Avec Audi en tête.

"Volkswagen a mis plus de 20 ans pour faire émerger Audi en premium. Dans les années 80, la marque proposait des voitures moyennes, qui n’ont rien à voir avec les A6 et A8 d’aujourd’hui", tempère Emmanuel Sartorius. "Une réputation met du temps à s’installer et nécessite de l’argent. Pour PSA, il faudrait environ 1 milliard d’euros, il faut le trouver ! ", explique-t-il.

Rien n’est jamais acquis, le groupe allemand a lui aussi connu des épisodes difficiles, notamment autour des années 2005. " Il est difficile de tirer de conclusions définitives sur le cas Volkswagen et de les appliquer à PSA", conclut l’expert mandaté par le gouvernement.

S'implanter à l'international

Difficile aussi de prendre exemple sur les fabricants coréens, qui ont su gagner des parts de marchés en augmentant la durée de leurs garanties sur leurs véhicules ? Pour le cabinet Secafi, cette option s’avère risquée. "Il serait dangereux de s’aligner sur cela sur le marché domestique face à des groupes qui en ont les moyens", explique un expert.

La nécessité que PSA rattrape son retard à l’international a également été évoquée. "Pour sortir de là il faut jouer la carte de l’alliance à fond, avec une internalisation plus rapide, plus poussée", estime le cabinet Secafi.

Ce n’est pas le chemin que prend l’alliance conclue avec General Motors, qui tend de plus en plus vers le service minimum. A l’image de la centrale d’achat commune, qui devait constituer le point central de l’alliance, dont le périmètre a été réduit à l’Europe seule.

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