Copé trop libéral ?
La volte-face de Fillon sur les 35 heures
Bruno Le Maire, le troisième homme
Le député de l’Eure est très apprécié au sein de l’UMP, notamment pour son esprit réformateur et son absence totale de complexe. Cet ancien ministre de l’Agriculture et des Affaires européennes, ancien villepiniste, possède une vision très libérale avec, comme cheval de bataille, la réforme en profondeur du droit du travail. Autre idée centrale: faire sauter les charges qui pèsent sur les entreprises au nom de la compétitivité. Candidat à la présidence du parti, il sait pertinemment qu’il ne sera pas élu, mais en profite pour faire entendre sa voix. On le retrouvera sans aucun doute à la primaire de l’UMP, en 2016.
Le sujet épineux des 35 heures n’échappe pas non plus au débat. Fin 2010, les deux hommes s’étaient d’ailleurs violemment accrochés à ce sujet. Fraîchement nommé à la tête du parti, Jean-François Copé voulait "ouvrir le débat" concernant une éventuelle suppression. Ce qu’avait moyennement apprécié le Premier ministre de l’époque, qui l’avait sèchement recadré: "Dans ce débat sur les 35 heures, il faut regarder les choses sans dogmatisme et sans excès".
Aujourd’hui, François Fillon ne semble plus trouver cela "excessif". Dans une interview au journal Le point du 23 août dernier, il déclare: "Je propose de donner la possibilité de négocier le temps de travail, entreprise par entreprise, dans la limite de la législation européenne", s’inscrivant donc dans le courant de pensée de…Jean-François Copé. Une volte-face qui a le don d’irriter les partisans du camp opposé: "Qu’il s’agisse du domaine politique ou économique, Fillon est un opportuniste, qui se démarque par une absence totale de conviction. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un leader, amené à conduire l’opposition face à la Gauche", peste un pro Copé.
Dernier point sensible: l’Europe. Là aussi, les deux hommes ne se contredisent pas, mais n’ont pas forcément les mêmes projets pour l’avenir. Pour preuve, lors du traité de Maastricht, Jean-François Copé avait voté Oui, pendant que François Fillon optait pour le Non. On en saura sûrement un peu plus le 18 septembre, lorsque la campagne débutera officiellement.
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