La plus ancienne banque suisse met la clef sous la porte

Wegelin & Company a annoncé, jeudi 3 décembre, qu’elle fermait ses portes, après avoir plaidé coupable dans une affaire de fraude fiscale aux Etats-Unis. Au delà de son cas, l'ensemble des banques suisses connaît une période difficile.

Julien Marion | Reuters
Le 04/01/2013 à 19:27
Wegelin et Co était vieille de plus de 250 ans (Reuters)

La plus ancienne banque helvétique ferme définitivement ses guichets. Poursuivie aux Etats-Unis pour une affaire de fraude fiscale, Wegelin & Company a plaidé coupable et, dans la foulée, a annoncé dans un communiqué qu’elle mettait fin à ses activités, jeudi 3 janvier.

"Depuis environ 2002 jusqu'en 2010, Wegelin s'est entendu avec certains contribuables américains pour les aider à échapper aux obligations fiscales américaines", a ainsi reconnu son représentant, Otto Bruderer, lors de sa comparution. Au total, les fraudes s’élèvent à environ 1,2 milliard de dollars (916 millions d'euros).

L'établissement, fondé en 1741, s'était de fait déjà sabordé en janvier 2012, après l'inculpation de trois de ses conseillers. La banque a accepté de payer 57,8 millions de dollars à la justice américaine, dont 20 millions seront reversés au fisc américain.

Wegelin & Company ne disposait pas d’agence aux Etats-Unis. Elle s’était ainsi appuyée sur une autre banque suisse, UBS, qui lui a servi de correspondant.UBS avait d’ailleurs elle-même reconnu avoir aidé des riches américains à fuir le fisc et avait payé une amende de 780 millions de dollars.

Une période noire pour les banques suisses

Ce coup d’arrêt définitif pour la doyenne des banques suisses clôt une période noire pour les établissements helvétiques. Les deux pointures, Crédit Suisse et UBS, ont été contraintes de revoir leur organisation pour faire face à une conjoncture dégradée. La première avait dû accélérer son programme de réduction de coûts, en fusionnant deux de ses divisions de gestion de fortune, supprimant alors 300 postes.

UBS a dû aller encore plus loin. Fin octobre, elle a annoncé une restructuration en profondeur de sa banque d’investissement, réduisant ses effectifs de 15%, c’est-à-dire 10 000 postes.

Le cauchemar ne s’est pas arrêté là. Mêlée à différents scandales, la banque a notamment dû payer une lourde amende d’1,1 milliard d’euros pour solder les enquêtes dont elle faisait l’objet au titre du scandale de la manipulation du Libor, un des taux de référence du marché interbancaire.

Pour couronner le tout, la Banque nationale suisse (BNS), banque centrale du pays, avait averti en juillet que UBS et le Crédit Suisse n’étaient pas suffisamment capitalisées pour supporter un cas de crise majeure. Elle pointait du doigt leur niveau de fonds propres encore insuffisant au regard de nouvelles règles de régulation bancaires, règles dites de Bâle III.

 

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