Les pharmacies en ligne, nouvelles cibles des pirates

Selon l’Ordre national des pharmaciens, une centaine d’officines qui se sont lancées dans la vente de médicaments en ligne ont été victimes de piratage. Les sites sont redirigés vers des boutiques vendant des produits contrefaits ou interdits.

Coralie Cathelinais
Le 02/09/2013 à 14:54
Mis à jour le 02/09/2013 à 14:55
Les réseaux mafieux profitent de l'ouverture de la vente de médicaments en ligne pour écouler des produits contrefaits. (Funky Flamenca-Flickr-Cc)

Depuis le 12 juillet, les pharmacies françaises peuvent ouvrir une officine en ligne. Une opportunité dont se sont emparées les organisations mafieuses qui vendent des médicaments contrefaits ou interdits.

L’Ordre national des pharmaciens, chargés de délivrer l’autorisation de vente aux officines, prend le problème à bras le corps." Nos services de veille ont repéré 100 sites de pharmacies françaises qui sont détournés de leur objet, à l’initiative de réseaux organisés. La situation est très sérieuse ", révèle Isabelle Adenot, présidente de l’ordre des pharmaciens au Parisien (article payant). Ces sites ont été signalés auprès de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique.

Une plainte déposée contre 11 sites

Au début du mois d’août déjà, l’Ordre national des pharmaciens avait porté plainte contre 11 sites, bien souvent d’origine russe, qui usurpaient le nom de domaine d’une officine, tombé dans le domaine public, pour diriger les clients vers des sites dédiés à la prolifique vente de pilules censées redonner du dynamise sexuel ou bien des pseudos médicaments ne contenant aucun principe actifs.

Fait plus grave, une officine en activité, qui avait reçu sont agrément pour la vente en ligne comme 46 de ses consœurs, a fait l’objet d’une cyberattaque, probablement de la part de pirates russes. Google a détecté l’intrusion et a fermé automatiquement l’accès au site, confie le pharmacien au quotidien. Depuis, les choses sont rentrées dans l’ordre, mais l’aventure a ébranlé le pharmacien, qui se demande, au vu du peu de retombées économique engendrées par l’ouverture de son officine virtuelle, si l’aventure mérite d’être poursuivie.

Le principe du piratage des pharmacies n’est pas nouveau et les autorités internationales tentent de démonter les réseaux de vente illicite de médicaments depuis plus années. Le dernier coup de filet s’est déroulé en juin 2013, avec l’opération internationale Pangea VI, coordonnée par Interpol, vise à lutter contre En juin 2013, elle a permis de recenser 114 sites illégaux de vente de médicaments, dont 29 rattachés à la France.

La Douane française à quand elle saisi plus de 812 300 médicaments de contrebande et de contrefaçon, dont plus de 668.700 à Roissy. Une goutte d’eau au vue des estimations fournies par l'Organisation mondiale de la santé. L'OMS estime que plus de la moitié des médicaments vendus sur internet seraient des contrefaçons.

Une campagne de sensibilisation prévue cet automne

Aussi, la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ont signé un protocole de coopération pour renforcer les échanges d’informations et facilite la transmission de renseignements.

Le gouvernement va, lui, se pencher sur le maillon final de ce trafic, à savoir le consommateur. Il va lancer dans les prochains jours une première campagne nationale d’information sur la vente de médicaments sur internet afin que les acheteurs prennent le réflexe de vérifier la sureté du site où ils font leur course.

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