Patrick Thomas: "La façon dont LVMH est entré dans Hermès est illicite"

Le gérant d'Hermès était l'invité d'Hedwige Chevrillon ce jeudi 6 juin 2013. Il y est revenu sur l'actualité du sellier de luxe, de la guerre des nerfs avec LVMH à la succession dans l'entreprise familiale.

Nina Godart
Le 06/06/2013 à 14:07
Mis à jour le 06/06/2013 à 15:55

Le gérant d'Hermès est confiant. Confiant dans son successeur à la tête de la maison de luxe, confiant dans le dénouement de l'affaire LVMH, confiant dans les ventes en Chine. C'est le message qu'il a fait passer jeudi 6 juin, invité par Hedwige Chevrillon sur le plateau de BFM Business.

> Sur le bras de fer avec LVMH

Patrick Thomas répond à Pierre Godé, le vice-président de LVMH, qui déclarait dans Le Figaro mercredi qu'Hermès n'avait pas à se demander si ses actionnaires lui plaisaient ou non. "Nous sommes cotés en Bourse, donc nous ne choisissons pas les gens qui achètent nos actions. En revanche, nous devons veiller à ce qu'ils y soient entrés en respectant les lois boursières et en traitant le titre de manière équitable", rétorque-t-il.

Sur la demande de nullité de procédure formulée par LVMH au cours de l'audition du 31 mai, Patrick Thomas met les points sur les I: "cela n'a rien à voir avec nous". Quand l'Autorité des marchés financiers s'est saisie de l'affaire, explique-t-il, elle a mené deux investigations. Une sur les conditions d'entrée de LVMH au capital d'Hermès et l'autre sur la manière de communiquer d'Hermès. Chaque rapport a été remis à la partie concernée, mais pas à l'autre.

Une fois de plus, le gérant d'Hermès indique considérer que la "façon dont LVMH est entré dans Hermès est, pour mesurer mes propos, illicite". "Les décisions des autorités prises depuis nous donnent raison". Le fond du problème, explique-t-il, est celui de l'incompatibilité: "nous ne devons pas avoir dans notre capital de manière trop significative quelqu'un qui est aussi un concurrent, et peut-être une menace".

> Sur la succession chez Hermès

Amusé d'avoir été l'unique gérant de la maison à ne pas faire partie de la famille Hermès, celui qui s'apprête à laisser la direction d'Hermès à Axel Dumas se félicite d'avoir été un "régent entre deux rois familiaux". Il définit son successeur comme "un esprit très brillant, une intention, une capacité émotionnelle sur le produit".

Il aurait pu choisir un membre externe à la famille, assure le gérant du sellier, mais "j'ai recommandé le candidat qui me paraissait le plus apte à assurer la pérennité de l'entreprise", maintient-il. Après avoir "passé [sa] vie dans des entreprises familiales, comme Pernod Ricard", il assure par ailleurs que "la famille des héritiers d'Hermès a toujours été très unie".

> Sur la guerre commerciale sino-européenne

Alors que Pékin et Bruxelles semblent être entrés en guerre commerciale après la décision européenne de taxer les panneaux solaires chinois, et les représailles chinoises sur le vin européen, Patrick Thomas n'est pas inquiet pour la vente des produits Hermès. "Le gouvernement chinois peut prendre des décisions de cet ordre sur les articles de luxe, ce qu'il a déjà fait dans le passé", reconnaît-il.

Mais les Chinois, "si on les empêche d'acheter en Chine, achèteront ailleurs", assure Patrick Thomas. Pour preuve "aujourd'hui, nos ventes aux Chinois en dehors de Chine sont à peu près équivalentes à nos ventes aux Chinois en Chine"…

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