Le marché des résidences secondaires en pleine crise

Depuis 2008, les transactions concernant les "maisons de campagne" ont chuté de près de 50%. Les mesures fiscales dissuasives ne risquent pas d’améliorer les ventes.

Diane Lacaze
Le 20/01/2013 à 8:00
Les Français achètent moins de résidences secondaires (Flickr)

Les chiffres clés Les résidences secondaires en chiffres:

> 3 millions de résidences secondaires

> 100 000 transactions chaque année

> chute de 30 à 50% des transactions depuis 2008

Que ce soit à la campagne, à la montagne, à la plage, les Français sont friands de résidences secondaires. Sur les 32 millions d’habitations que compte l'Hexagone, un peu plus de 3 millions sont "des logements utilisés pour les weekends, les loisirs ou les vacances", note l’Insee. Douze fois plus qu’en Allemagne. Un record mondial. Et chaque année, 100 000 transactions concernent les résidences secondaires, selon la Fnaim.

Pour autant, le marché ne se porte pas bien. En effet, depuis cinq ans, le nombre de transactions a chuté de 30 à 50%, selon le Marché immobilier des notaires. La crise de 2008 a complétement déstabilisé ce marché. Depuis un an, il subit en plus le contrecoup de mesures fiscales dissuasives."Le marché français devient moins attractif", constate Sébastien de Lafond, président de MeilleursAgents.

Ainsi, la réforme sur les plus-values du 1er février 2012 était la première mesure inquiétante. L’exonération de la plus-value sur les résidences secondaires est passée de quinze à trente ans, ce qui a poussé certains Français à vendre rapidement leur demeure. De plus, ils doivent dorénavant s’acquitter d’une surtaxe sur les plus-values immobilières dont le montant est supérieur à 50 000 euros. Et enfin, même si le gouvernement a renoncé à mettre en place un impôt sur les logements sous-occupés – qui sont l’essence même des résidences secondaires – cela a suffi à alarmer les Français.

Mais pour Bernard Couturié, Directeur du département "Châteaux et Propriétés", le problème n’est pas tant des mesures fiscales contraignantes que la perte de confiance des Français. "L’achat d’une résidence secondaire est un acte de plaisir, de loisir. C’est un véritable indice de confiance. Pour se lancer, il faut que les gens aient le moral et foi dans l’avenir. Ce n’est pas du tout le cas aujourd’hui. Il serait temps que les dirigeants et les acteurs économiques envoient des signaux positifs".

Vignobles ou forêts toujours prisés

Néanmoins, tout n’est pas négatif. "Les prix enregistrent une décote de l’ordre de 30% depuis 2008. Les acquéreurs en recherche ont un choix important. C’est le moment de faire des bonnes affaires !", s’enthousiaste Bernard Couturié.

Un constat repris par Sandrine Allonier, responsable des études économiques de Meilleurtaux. La part des parisiens qui achète des résidences secondaires a augmenté entre 2011 et 2012. En revanche, elle a baissé pour les résidences principales. Ce qui signifie donc que de plus en plus de parisiens "font le choix d’acheter une maison de campagne et de rester locataire à Paris où les prix sont trop élevés".


D’ailleurs certaines niches fiscales échappent à ce marasme. "Les résidences secondaires qui ne représentent pas seulement des coûts mais également des rendements sont encore très prisées. Les vignobles, propriétés de chasse, terres agricoles ou forêts trouvent toujours des acquéreurs", explique Bernard Couturié.

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