Jeux vidéo : les éditeurs français s'en sortent plutôt bien

Avec des ventes de jeux et de consoles en déclin, les derniers résultats des entreprises de jeu vidéo sont moroses. Dans ce contexte, les Français semblent pourtant tirer leur épingle du jeu.

Audrey Dufour
Le 03/02/2013 à 11:17
Le marché des jeux sur consoles peine face aux ventes de jeux sur mobiles. (Flickr/EYLC)

Pong, c’est fini ! Le 21 janvier, Atari, pionnier du jeu vidéo, a déposé le bilan. Racheté en 2008 par le Français Infogrames, l’éditeur du mythique Pong a été lâché par son actionnaire principal, BlueBay. Mais la société, qui fêtait ses 40 ans, n’est pas la seule à connaître des difficultés financières.

Le groupe japonais Nintendo anticipe 162 millions d’euros de perte pour l’année 2012-2013. Principale cause, les mauvaises ventes de la console Wii U, seulement 3 millions d’unités depuis sa sortie, alors que le groupe visait 5,5 millions d’ici mars. Selon le président de Nintendo, la console souffre d’un catalogue de jeux trop restreint.

Les Américains d’Electronic Arts font également grise mine. Les revenus de l’éditeur de Fifa et Medal of Honor sont en chute, et le chiffre d’affaires du troisième trimestre 2012-2013. Selon le directeur financier du groupe, les joueurs préfèrent attendre une nouvelle génération de consoles, pour remplacer les Playstation et Xbox, qui ont déjà 5 ans, freinant ainsi les ventes de jeux vidéo.

Les titres français résistent mieux

Mais si les grands groupes étrangers et historiques plongent, les jeunes éditeurs français conservent, eux, d’assez bons scores. Alors que la France représente seulement 5% à 7% du marché mondial des jeux vidéo, avec un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros en 2011, elle est le deuxième producteur en volume, derrière les Etats-Unis. Le secteur emploie directement 5 000 personnes dans 250 entreprises, dont un tiers déclarent un chiffre d’affaires supérieur à un million d’euros.

Parmi les grands noms : Ubisoft, Gameloft ou encore Activision Blizzard, détenu à 66% par Vivendi.  Ce dernier, développeur, entre autres, des franchises Warcraft ou Diablo, a annoncé un revenu net de 4,7 milliards de dollars en 2011. Croissance également pour les Bretons d’Ubisoft, avec, pour le premier semestre 2012-2013 un chiffre d’affaires de 279 millions d’euros, une hausse de 12% par rapport à 2011-2012.

De son coté, Gameloft, le petit frère d’Ubisoft et spécialiste des jeux téléchargeables pour mobiles et smartphones, se porte tout aussi bien. Son chiffre d’affaires atteignait 208 millions d’euros pour 2012, 27% de plus qu’en 2011. Le développement de l’équipement mobile et tablette semble en effet favoriser les ventes de jeux vidéo dématérialisés.

Un marché dématérialisé et en ligne

Avec moins de consoles et plus de smartphones vendus, le secteur est d'ailleurs en mutation. Le jeu vidéo représente 49% du temps passé par les utilisateurs sur les téléphones mobiles. Les ventes dématérialisées représentaient près d’un tiers des ventes totales de jeux vidéo l’année dernière aux Etats-Unis. D’après le think tank numérique Idate, un euro sur deux de revenus dans les jeux vidéo viendra de ventes dématérialisées en 2014.

Mais le marché des applications de jeux mobiles reste bien moins lucratif que celui des jeux vidéo pour consoles et ordinateurs. Rovio, l’éditeur d’Angry Birds, a ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 106,3 millions de dollars en 2011, alors que le jeu Call of Duty – Modern Warfare, sorti la même année, a réalisé un milliard de dollars de ventes en à peine quinze jours...

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