Goodyear : Arnaud Montebourg et Maurice Taylor se répondent par médias interposés

Dans une lettre, publiée ce mercredi 20 février dans "Les Echos", Arnaud Montebourg répond à Titan. De son côté, le repreneur espéré de l’usine Goodyear d’Amiens Nord confirme ses propos sur les ouvriers de son usine dans l'AFP.

Diane Lacaze
Le 20/02/2013 à 20:10
Mis à jour le 20/02/2013 à 20:44

Face à la lettre au vitriol envoyée par le PDG de Titan, Arnaud Montebourg riposte. Le ministre du Redressement productif a envoyé, ce mercredi 20 février, un courrier que se sont procurés Les Echos.

"Vos propos aussi extrémistes qu'insultants témoignent d'une ignorance parfaite de ce qu'est notre pays", écrit le ministre dans cette lettre à Maurice M. Taylor. "Puis-je vous rappeler que Titan, l'entreprise que vous dirigez est 20 fois plus petite que Michelin (...) et 35 fois moins rentable. C'est dire à quel point Titan aurait pu apprendre et gagner énormément d'une implantation française", poursuit-il.

"La France est d'autant plus fière et heureuse d'accueillir les investissements américains que nos deux pays sont liés par une amitié ancienne et passionnée". Et il ajoute : "il se trouve même que notre politique présente une certaine parenté avec celle inspirée par votre président".

"Soyez assuré de pouvoir compter sur moi pour faire surveiller (...) avec un zèle redoublé vos pneus d'importation", conclue-t-il.

Arnaud Montebourg avait espéré que Titan, dont l’offre de reprise avait été violemment combattue par la CGT, reviendrait à la table des négociations. Mais le 11 février dernier, le ministre avait annoncé que l’Américain renonçait.

"Je n'écris pas des lettres toutes roses"

Peu avant la publication de la lettre d'Arnaud Montebourg, le patron américain de Titan International, Maurice Taylor, a confirmé les propos de la missive qu'il avait envoyée au ministre du Redressement productif.

"Je n'écris pas de lettres toutes roses", explique-t-il à l'AFP, la lettre à Arnaud Montebourg n'est pas "une lettre à une petite amie, on parle d'affaires", insiste Maurice Taylor, dont la missive a provoqué de vives réactions en France.

Dans ses missives, le ministre français demandait au patron du groupe américain de "relancer les négociations", raconte Maurice Taylor en prenant l'accent français. "Nous sommes ceux qui avons le carnet de chèques et vous nous dites que nous devons d'abord rencontrer les syndicats? Vous êtes dingue", insiste-t-il, ce mercredi.

"Les ouvriers français travaillent bien"

"Les ouvriers français travaillent bien mais le problème", c'est que "la journée d'un ouvrier français fait sept heures payées mais les ouvriers prennent une heure pour déjeuner et faire des pauses, ils travaillent trois heures, et les trois autres heures ils s'assoient ou se promènent et discutent".

"Quand j'ai dit ça au président du syndicat, il m'a dit, c'est comme ça en France. Je lui ai dit que les ouvriers (de l'usine Goodyear d'Amiens) étaient parmi les plus payés de France, ils ont de très bons salaires et de superbes prestations sociales", a-t-il poursuivi sans être en mesure de donner le montant du salaire horaire en question.

Les ouvriers français, "on ne peut pas les suspendre, on ne peut pas les licencier", déplore-t-il encore. "Non seulement vous êtes parmi les plus chers, mais votre gouvernement autorise les Indiens et les Chinois à vendre leurs pneus en France", alors qu'ils sont "subventionnés par leurs gouvernements" et que leur coûts de production sont moins élevés. A l'inverse, affirme-t-il, "les Français n'ont pas le droit de vendre leurs pneus en Chine".

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