François Pérol: la réforme bancaire pourrait amener "à rejeter des millions d'opérations"

Le patron du groupe BPCE a expliqué sur BFM Business, ce lundi 18 février, que les mesures sur les frais bancaires intégrées à la réforme en cours vont avoir des conséquences négatives sur l’activité des banques.

Julien Marion
Le 18/02/2013 à 9:22
Mis à jour le 18/02/2013 à 10:39

Les grandes banques françaises montent au créneau. Samedi 16 février, la Fédération bancaire française (FBF) a indiqué avoir écrit au gouvernement pour l’alerter des conséquences jugées négatives selon elle d’une des mesures de la réforme en cours. Celle-ci concerne les frais bancaires, et plus exactement les commissions d’intervention prélevées lorsque le compte du client dépasse son autorisation de découvert.

La réforme bancaire prévoyait de plafonner ces frais pour les clients fragiles. Un amendement PS, qui devrait être adopté mardi 19 février par les députés, l’élargit à toutes les clientèles, limitant ainsi ces frais à 5 euros par opération et 40 euros par mois selon le député PS Christian Paul.

Dans la lettre envoyée à Jean-Marc Ayrault et Pierre Moscovici, les six principales banques franaçaises écrivent que cette mesure "coûterait des sommes considérables, or la banque de détail, une industrie qui emploie plus de 300 00 personnes en France doit affronter une conjoncture difficile". Et de souligner que "déjà en 2012, le nombre de recrutements a fléchi passant de 30 000 à 23 000". Les grands banquiers mettent ainsi en garde sur les répercussions de la loi sur l’emploi.

Ce service a "un coût"

Invité ce lundi 18 février de l’émission Good Morning Business, François Pérol, le président du directoire de Banques populaires Caisses d’épargne (BPCE) et l’un des signataires de cette lettre, se défend de tout chantage à l’emploi. Selon lui, cette lettre a essayé "de sensibiliser le gouvernement sur cette question. Nous disons simplement que les décisions prises ont des conséquences".

Il a ensuite précisé que la réforme bancaire risque d’obliger les banques à mettre en place une procédure automatique concernant ces commissions d’intervention. Si tel est le cas, "nous allons rejeter des milliers et des milliers de paiements, plusieurs centaines de millions d’opérations".

"Il ne faut pas penser que ce service n’a pas de coût. Il a un coût car il est effectué par des personnes et parce qu’il nécessite un examen de chaque compte", a-t-il ajouté.

François Pérol s’est montré plus alarmiste concernant la taxe sur les transactions financières. Selon lui, "elle va vider la place financière de Paris". "Si le péage peut ne pas être payé à une centaine de kilomètres d’ici, à Londres, les investisseurs en capital feront en sorte de ne pas le payer".

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