Comment les Européens ont allégé la dette de la Grèce de 40 milliards d'euros

Pour permettre à la Grèce de retrouver une "dette viable", les créanciers publics d'Athènes ont pris un certain nombre de mesures. Parmi elles, des rachats de dette ou encore une baisse des taux d'intérêts sur les prêts.

Julien Marion | Reuters
Le 27/11/2012 à 11:40
Les créanciers publics d'Athènes ont consenti plusieurs efforts pour rendre la dette hellénique soutenable (Reuters)

43,7 milliards d’euros versés à la Grèce

La Grèce va se voir verser 34,4 milliards d’euros en décembre prochain. Sur cette enveloppe, 10,6 milliards d’euros serviront à financer le budget et 23,8 milliards seront utilisés pour recapitaliser les banques.

9,3 milliards supplémentaires seront versés en trois tranches, au cours du premier trimestre 2013. Ces fonds ne seront débloqués que si Athènes applique le programme de réforme dans lequel elle s’est engagée.

La trajectoire des finances publiques grecques

Le ratio dette/PIB de la Grèce devra s’élever à :

- 190% en 2013

- 175% en 2016

- 124% en 2020

- Moins de 110% en 2022

Les créanciers publics sont finalement parvenus à un accord à l’arrachée pour remettre la dette grecque sur les rails. L’endettement du pays hellénique sera ainsi ramené à 124% du PIB d’ici 2020, ce qui allège de 40 milliards d’euros le fardeau porté par les Grecs.

Christine Lagarde,directrice du Fonds Monétaire International (FMI), s’est ainsi félicitée de cet accord: "Le FMI voulait s'assurer que la zone euro prendrait les mesures nécessaires pour remettre la Grèce sur la voie d'une dette viable. Je peux dire aujourd'hui que cela a été fait". Dans ce but, les bailleurs de fonds de la Grèce ont pris plusieurs décisions pour aider le pays méditerranéen à diminuer son endettement.

En guise de préalable, la Grèce va procéder à des rachats de titres de dettes auprès des investisseurs privés, pour accélérer son désendettement. Habilement, aucun montant ou prix n’a été divulgué concernant ses rachats. Ce qui est logique : le but pour la Grèce est de profiter des prix cassés de sa dette sur le marché secondaire pour se désendetter à moindre coût.

Or, si elle donne trop d'informations, automatiquement les cours de sa dette vont remonter sur les marchés, dopés par les annonces. Ce qui rendrait du coup l’opération totalement inefficace.

Une fois que ce programme de rachat de dette produira un effet positif, la zone euro a décidé de procéder à d'autres mesures.

Baisse des taux d'intérêts

Tout d’abord, les pays membres de l’Union européenne acceptent de revoir à la baisse les taux des prêts bilatéraux qu’ils avaient consentis à Athènes en 2010, à raison de 100 points de base (1%). De son côté, le fonds européen de stabilité financière (FESF), va réduire de 0,1% le taux sur les commissions de ses prêts à la Grèce. Le fonds accorde également à la Grèce un moratoire sur les intérêts de ses prêts pendant 10 ans.

Ensuite, la durée de la totalité des prêts accordés à la Grèce va être rallongée de 15 ans, de sorte à desserrer quelque peu l’étau.

Enfin, la Banque centrale européenne va faire un geste. L’institution dirigée par Mario Draghi avait racheté sur le marché secondaire des titres de dette grecque à prix cassés, alors qu'elle a été, ou va être, remboursée à hauteur de 100% de la valeur initiale de ces titres. La BCE va ainsi enregistrer des profits sur son portefeuille d’obligations.

Les créanciers publics de la Grèce ont décidé cette nuit que l’institution européenne devra reverser au moins une partie de ces profits à Athènes, dès 2013. Une source européenne a déclaré que les sommes en jeu s’élèveraient à 11 milliards d’euros.

Pas d'effacement de dette pour les pays européens

D’autres mesures et formes d’aides pourront être décidées plus tard, une fois que la Grèce aura rempli ses objectifs et mené à bien les réformes demandées par ses créanciers.

A noter que l’Allemagne a eu gain de cause puisque les pays de la zone euro n’ont pas opté pour un effacement de dette, alors que l’idée semblait gagner un peu de terrain. Cette possibilité rebute clairement Berlin, la chancelière Angela Merkel ayant déclaré, ce mardi, au journal Passauer Neue Presse qu’un effacement de dette "n’était pas une solution".

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