Euro fort : le débat est relancé

Le ministre de l’Economie a estimé, dimanche 3 février, que la monnaie unique est peut-être trop chère. Laurence Parisot, sans s'en alarmer, a, elle, considéré que l'euro se situe "dans une phase un peu élevée".

Julien Marion
Le 04/02/2013 à 7:46
Mis à jour le 04/02/2013 à 11:40
Pierre Moscovici a relancé le débat sur le niveau de l'euro.  (AFP)

L’euro cédait un peu de terrain face au dollar, ce lundi 4 janvier. Vers 11h30, la devise européenne s’échangeait à 1,3593 dollars, contre 1,3637 dollars vendredi, après une hausse marquée tout au long de la semaine dernière. Ce repli reste toutefois limité, l’euro restant très proche des 1,36 dollars.Ce qui ne semble pas satisfaire Pierre Moscovici. Le ministre de l’Economie et des Finances, a déclaré, dimanche 3 février, dans 13h15 le magazine sur France 2 que "l'euro est fort, peut-être d'ailleurs trop fort à certains égards".

Un euro fort a pour effet de rendre les importations moins onéreuses, mais en contrepartie il pénalise la compétitivité et les exportations des entreprises européennes en dehors de leur marché domestique.

Dimanche toujours, interrogée au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, la patronne du Medef, Laurence Parisot, a, elle aussi, jugé que la monnaie unique était "dans une phase un peu élevée". "Je préfèrerais pour certains secteurs en particulier qu'il (l'euro) soit un peu plus bas’’, a-t-elle ajouté.

Elle ne s’est toutefois pas alarmée, assurant que la hausse de la monnaie unique sur les marchés traduit aussi "le signe de nouvelles positives (car) beaucoup considèrent que la crise de l'euro est quasi terminée".

Arnaud Montebourg s’était lui montré bien plus préoccupé. "l'euro est trop haut par rapport à ce que l'économie européenne, pas seulement française, est en droit d'attendre", avait prévenu le ministre du Redressement productif, rappelant "qu’une hausse de dix centimes d’euro c’est un milliard de chiffre d’affaires en moins pour EADS", le groupe européen d’aéronautique.

Les yeux vers la BCE

De quoi mettre la pression sur Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE). La prochaine réunion de l'institution aura lieu ce jeudi 7 février. Et Laurence Parisot ne s’y trompe pas: "on peut espérer que le gouverneur de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, s'exprime sur le sujet. C'est à lui, par des propos qu'il pourrait trouver pertinents, de donner un signal qui permettrait de rééquilibrer les choses".

Ses commentaires, comme ses actions ont, en effet, le pouvoir de faire descendre ou monter la monnaie unique, les investisseurs anticipant la moindre action de son institution de nature à provoquer un changement de politique monétaire.

Lors de la dernière réunion de la BCE, l’euro était ainsi reparti à la hausse après la déclaration de Mario Draghi affirmant attendre une reprise "graduelle" en zone euro. La balle est donc une nouvelle fois dans le camp du président de la BCE.

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