Economies budgétaires : Ayrault met la pression sur ses ministres

Alors que le déficit 2012 est finalement plus élevé que prévu, le Premier ministre et celui du Budget rappellent à tout le gouvernement la nécessité de réduire les dépenses sans créer de nouvelles taxes !

Patrick Coquidé
Le 15/01/2013 à 8:41
Jérôme Cahuzac rappelle aux ministres les règles d'économies pour 2013 (AFP)

Les chiffres clés Budget 2013 :

> 291,2 milliards d'euros de dépenses

> 312,7 milliards de recettes nettes

> 62 milliards de déficit

Tous les ministres vont recevoir ce mardi 15 janvier une circulaire signée du Premier ministre et de celui du Budget, Jérôme Cahuzac. L'objectif : leur rappeler la nécessaire rigueur dans la gestion de leurs crédits en 2013.

Pour l'Etat, l'année commence en effet sous le signe de la rigueur puisque Bercy va geler 8,5 milliards d'euros de crédits sur les 291 milliards inscrits au budget 2013. Et ce, après avoir économier 3,7 milliards d'euros en 2012 par rapport au budget initial. Ce qui a limité le dérapage du déficit budgétaire à 87,2 milliards, soit tout de même un milliard de plus que prévu.

"Nous allons procéder à un surgel de 2 milliards qui s'ajoutera à la réserve de précaution légale de 6,5 milliards", explique Jérôme Cahuzac dans Les echos de ce mardi 15 janvier. "Cela permettra notamment de faire face aux dépenses qui ne pouvaient être prévues lors de la présentation du budget, telles que la dotation accrue de la France à l'union européenne. Il faudra consacrer davantage de crédits à la lutte contre le chômage". Un quart de ces économies devraient, selon lui, être affecté à l'emploi.

Interrogé sur le coût de l'intervention militaire au Mali, le ministre délégué au Budget affirme que "ces dépenses eront évidemment prioritaires. Nous avons budgété 630 millions pour les opérations extérieures. S'il faut dépenser davantage, cela sera pris sur la réserve de précaution".

Pas de nouvelles taxes

Bercy va donc imposer un principe "d'auto-assurance" : "si des dépenses dérapent ou si des mesures nouvelles sont engagées par un ministre, il revient à ce même ministre de les compenser par des économies. Deuxièmement, aucune nouvelle dépense ne pourra être financée par une augmentation de recettes, qu'il s'agise de taxes existantes ou de nouvelles taxes", ajoute Jérôme Cahuzac. Voici quelques jour, François Hollande avait rappelé que la réduction des dépenses publiques était désormais l'un de ses objectifs.

Enfin, le ministre du Budget rappelle que le recours aux niches fiscales " ne peut venir en substitution d'une dépense budgétaire et doit de toute façon être compens par une diminution d'une autre dépense fiscale". Il y a de la marge : la chasse aux niches engagée par le même Jérôme Cahuzac pour 2013 n'a permis d'économiser que 150 millions sur 70 milliards de niches...

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