Delphine Batho: favorable à la hausse du diesel "pour des raisons de santé publique"

Invitée de BFMTV et RMC ce jeudi 21 février, la ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie a défendu une politique énergétique de compromis.

Audrey Dufour
Le 21/02/2013 à 9:45
Mis à jour le 21/02/2013 à 9:59
Delphine Batho (Mathieu Delmestre - Flickr - CC)

Invitée de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC, Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie est revenue sur le coût de la politique énergétique du gouvernement. Et la marge de manoeuvre est faible.

>> Sur la hausse des prix de l'électricité


Les prix de l'électricité devraient augmenter de 30% d'ici 2017, selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE), une décision à laquelle s'oppose Delphine Batho, même si la ministre de l'Energie a reconnu que sa marge de manoeuvre est faible, face à la hausse des prix du pétrole et de l'électricité. Le gouvernement a de plus "hérité d'une dette de cinq milliards d'euros" concernant la contribution au service de l'électricité (CSPE), a justifié Delphine Batho.

La ministre a demandé un audit de la CRE sur les coûts de production d'EDF. "Il y a besoin de plus de transparence, il faut que les Francais comprennent ce qui se passe sur les prix de l'énergie", explique-t-elle.

Pas question pour autant de revenir sur l'avantage pour les salariés d'EDF, qui ne payent que 10% de leur facture d'électricité. "Cela fait parti de leur statut et l'avantage est fiscalisé".

>> Sur l'avenir des centrales nucléaires

Delphine Batho a confirmé la fermeture de Fessenheim en 2016, mais explique qu' "il faut garder une part de nucléaire". Cette part devrait toutefois diminuer au profit des énergies renouvelables.

Les centrales françaises, vieillissantes, ont besoin de travaux de maintenance et de mise aux normes, après la catastrophe de Fukushima. Delphine Batho a expliqué qu"il faut anticiper maintenant", faute de quoi les centrales fermeront toutes en même temps, car elles ont toutes été construites sur la même période.

>> Sur la hausse de la fiscalité du diesel

Une hausse de la taxation du diesel rapporterait plusieurs milliards d'euros supplémentaires. Alignée sur celle de l'essence, la fiscalité du diesel pourrait ainsi faire gagner entre trois et quatre milliards d'euros. Une réforme à laquelle est favorable Delphine Batho, "pas pour des raisons fiscales, mais pour des raisons de santé publique".

La ministre a reconnu qu'une augmentation progressive est en train d'être négociée, "mais rien n'est décidé".

>> Sur la croissance et la rigueur budgétaire

Delphine Batho a défendu un "sérieux budgétaire indispensable", mais prévient que dans une situation de crise, "il faut avoir un coup d'avance". Le pacte de compétivité et les investissements d'avenir sont donc nécessaires pour la ministre.

La ministre a annoncé un engagement de l'Etat en faveur du bâtiment et notamment de l'isolation. "Il y a actuellement des aides pour les travaux d'isolation, et une partie reste à la charge des particuliers. On souhaite créer un modèle de financement qui permette de financer cette part, avec les économies réalisées sur la facture d'électricité".

>> Sur le gaz de schiste

Alors qu'Arnaud Montebourg s'est dit favorable à ce que les recherches sur le gaz de schistes soient faites par une entreprise publique, Delphine Batho a rejetté cette idée. "Je pense qu'il n'y a pas d'argent public à mettre aujourd'hui dans les recherches sur le gaz de schiste".