Déficit : l'objectif des 3% en passe d'être abandonné ?

Le gouvernement a nettement infléchi son discours, ce mercredi 13 février, quant à la réduction du déficit public. Jean-Marc Ayrault devrait donner plus d’indications, ce soir, sur France 3.

Julien Marion
Le 13/02/2013 à 14:50
Mis à jour le 13/02/2013 à 15:00
Jean-Marc Ayrault devrait revenir sur l'objectif de déficit, sur France 3, ce soir (AFP)

Ce sera inévitablement la grande question posée à Jean-Marc Ayrault, ce mercredi 13 février au 19/20 de France 3: la France peut-elle encore tenir son objectif de déficit public de 3% du PIB pour 2013 ?

Car l’Exécutif a aujourd’hui envoyé des signaux qui laissent entrevoir une révision. A la sortie du Conseil des ministres, Pierre Moscovici a évoqué un possible "réexamen" de cet objectif. "Nous pourrons le cas échéant si c'est nécessaire réévaluer, réexaminer, ces différents objectifs aussi bien en ce qui concerne la croissance que la réduction du déficit public", a affirmé le ministre de l'Economie et des Finances. "Nous savons qu'ils sont difficiles, c'est l'évidence".

Quelques heures auparavant, Laurent Fabius avait estimé sur Canal +, qu'il était "probable" que la France ne tienne pas son objectif de ramener les déficits publics à 3% du PIB en 2013. "Par rapport à cela, il faut à la fois qu'on ne coupe pas ce qui reste de croissance, sinon ce serait une faute, mais en même temps qu'on soit sérieux et le mot d'économies fait partie du vocabulaire et de la panoplie", a-t-il ajouté, en réponse au rapport de la Cour des comptes.

Le premier président de la haute juridiction, Didier Migaud, avait, hier, jugé que l’objectif de 3% "n’a que peu de chances d’être atteint", par le gouvernement. Les Sages de la rue Cambon invitaient l'exécutif à redoubler ses efforts, et à mettre fortement l’accent sur les économies budgétaires plutôt que sur les hausses d’impôts.

"Il y a le feu" pour Michel Rocard

Auparavant, l’ex-Premier ministre socialiste Michel Rocard, proposait, lui, d’abandonner les 3% pour ne pas sacrifier la croissance sur l’autel de l’austérité: "il y a le feu", avait-il averti, le dimanche 27 janvier, dans les colonnes du JDD. "La consommation est en panne à cause du chômage, l'investissement aussi puisque les perspectives sont nulles (…) et la dépense publique est contrainte par l’objectif de réduire les déficits".

Il est loin d’être le seul à avoir tirer la sonnette d'alarme. Ainsi, le 25 janvier dernier, Christine Lagarde, la directrice du Fonds Monétaire International (FMI), a prôné la croissance plutôt que l’austérité, au Forum de Davos. Elle avait alors qualifié l’objectif français de réduction du déficit "d’extraordinairement ambitieux", invitant les Européens à décider "collectivement de prendre un peu plus de temps".

Vers une révision le 22 février ?

Seule la Banque centrale européenne, par la voix de Benoît Coeuré, membre de son directoire, approuvait la persistance du gouvernement à vouloir respecter à tout prix les 3%. "Les objectifs doivent être tenus, quand ils engagent les gouvernements. Il faut que les grands pays de la zone euro montrent l’exemple et résolvent leurs déséquilibres", expliquait ainsi Benoît Coeuré, le 18 janvier dernier, à BFM Business.

Par ailleurs, Pierre Moscovici avait déclaré dans un entretien aux Echos, le 4 janvier, qu'il ne voulait pas renoncer "à notre volonté de revenir à 3% dès cette année". Seulement, dans la foulée, le ministre de l’Economie et des Finances avait précisé qu’en avril prochain, les Européens se réuniront pour évoquer leurs perspectives de croissances : "Le débat devra alors prendre en compte la situation de tous les Etats européens", avait-il affirmé.

Ce débat pourrait alors s'engager au lendemain du 22 février. Ce jour-là, la Commission européenne présentera ses nouvelles perspectives de croissance en Europe.

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