Quand la culture fait appel au mécénat populaire

Pour contrebalancer le recul des subventions publiques, les établissements culturels cherchent à trouver d’autres financements. Comme faire appel aux dons privés. C'est en particulier le cas de l'Opéra de Paris qui vient de lancer une souscription.

Coralie Cathelinais
Le 09/02/2013 à 16:01
Mis à jour le 09/02/2013 à 18:15
Le Palais Garnier est le tout dernier monument à ouvrir une souscription publique pour financer sa restauration (wikimedia-Tuli)

Au vu des records de fréquentation des musées et expositions, l’amour des Français pour le patrimoine ne fait aucun doute. Et c’est une aubaine pour les établissements culturels à la recherche de nouvelles sources de financements. Ces dernières années ont été marquées par une baisse des subventions publiques (-4,3% pour 2013) les obligeant à faire des choix de gestion. Les budgets destinés à l’acquisition des œuvres sont parmi le plus touchés : ils ont été coupés en 2 ! Les fonds alloués à l’entretien des bâtiments sont aussi mis au régime sec.

Avantages fiscaux et traitement de faveurs

Aussi, quand les musées ne veulent pas voir partir à l’étranger des trésors nationaux ou que des travaux de restauration ne peuvent plus être repoussés, recourir au mécénat devient une nécessité. Les entreprises sont depuis longtemps mises à contribution, mais la tendance est désormais de solliciter de plus en plus les particuliers. Internet et les sites de crowfunding (financement par la foule) ont facilité la généralisation de ce phénomène en permettant de toucher un large public.

Alors avec un, deux, cinq ou quelques milliers d’euros, tout à chacun peut accéder au prestigieux statut de mécène. Mais aussi bénéficier d’avantages fiscaux puisque 66% des sommes versées, dans la limite de 20% des revenus imposables, sont déductibles.

Tous ces facteurs contribuent à la multiplication des initiatives de mécénat participatif, qui pour l’heure ont toutes été couronnées de succès. Voici un tour d’horizon des plus récentes levées de fonds culturelles.

L'Opéra de Paris


(crédit Opéra de Paris)

Vendredi 8 février, l’opéra de Paris a lancé son opération la ceinture de lumière. Les cariatides, lampadaires, colonnes qui permettent d’éclairer les pourtours du Palais Garnier portent les stigmates du temps : le marbre se fendille les éléments métalliques rouillent.

Pour leur redonner une seconde jeunesse, 3 millions d’euros sont nécessaires. Les deux-tiers vont être financés par l’Opéra de Paris. Pour réunir le million restant, l’institution mise sur de généreux donateurs. Mais il faut verser au moins 15 000 euros pour avoir une plaque gravée de son nom sur le monument.

Le Panthéon


(Credit Wikimedia-Riggwelter)

Le Panthéon n’échappe pas aux ravages du temps. Pour renforcer la coupole, étanchéifier le toit, mais aussi ravaler la façade à colonnes de l’édifice, le Centre des Monuments Historiques (CMH) fait appel à une souscription populaire, en complément des subventions de l’Etat.

L’appel au don a été lancé en novembre sur le site de MymajorCompany, qui s’est fait connaître en dénichant des jeunes talents.

Les donateurs se verront attribuer quelques privilèges : leur nom ou leur photo sera affiché aux portes du monument pendant toute la durée des travaux. Ils seront aussi invités à l’inauguration du bâtiment rénové. Pour le moment près de 56 000 euros ont été récolté.

Versailles


(crédit Société des Amis de Versailles)

Le château de Versailles est le précurseur de la souscription populaire. Déjà, après la tempête de 2009, il avait proposé de parrainer les arbres qui devaient être replantés.

Depuis, la société des amis de Versailles propose de participer à la restauration d’un banc (3800 euros), d’un buste (4800 euros), à la confection d’une copie pour permettre à la statue originale d’être mise à l’abri (50 000 euros) ou enfin de contribuer à redonner tout son faste doré au boudoir de Marie Antoinette (800 000 euros). Naturellement, il n’est pas obligatoire de verser l’intégralité de la somme, quelques euros suffisent.

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