Crowdfunding: les ingrédients d'une levée de fonds réussie

Cette pratique qui consiste à faire appel à des donateurs via le web pour financer ses projets a le vent en poupe. Mais pour réussir sa levée de fonds, il y a quelques règles à respecter. Voici les six principales.

Nina Godart
Le 30/03/2013 à 17:01
Capture d'écran de la vidéo de présentation d'Ulule.com   (ulule.com)

Vous avez un projet à financer ? Plutôt que de demander à une banque ou à un fonds d'investissement de miser une grosse somme sur votre idée, tentez le crowdfunding, c'est à dire le financement participatif. Un outil que veut d'ailleurs promouvoir la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin.

Proposez donc au plus grand nombre d'investir de petits montants, via les réseaux sociaux ou des plateformes dédiées à cette pratique. Mais encore faut-il susciter l'enthousiasme, et donc l'investissement sur votre projet. Pour mettre toute les chances de votre côté, voici les recettes.

Commandement n°1: un bon projet tu présenteras

C'est assez logique, mais c'est la base. Et pour être sûr d'avoir un bon projet, il faut en parler autour de soi avant même de penser à lever des fonds. "Confronter ses opinions, mettre à l'épreuve ses idées pour tester l'attrait qu'elles suscitent" est un préalable incontournable selon Mathieu Maire du Poset, directeur projets et communication d'Ulule, la première plateforme européenne de crowdfunding. Quelque chose que les porteurs français ont généralement du mal à faire, "de peur qu'on leur vole leurs idées", constate-t-il.

Commandement n°2: une histoire tu raconteras

"Un projet, c'est une histoire à raconter", souligne Mathieu Maire du Poset. Accompagner la présentation de son projet d'une vidéo dans laquelle le porteur de projet se met en scène est ainsi "essentiel". Pour convaincre des personnes de miser sur les idées d'un inconnu, ils doivent pouvoir "l'entendre parler, voir à quoi il ressemble", insiste-t-il.

"Le story-telling est là pour susciter l'empathie, la sympathie", ajoute Nicolas Dehorter, auteur du Guide du crowdfunding, et bloggeur à l'affût des différents modes de financement. Pour lui, quand des donateurs apportent des fonds, "ils soutiennent autant le projet que son porteur".

Commandement n°3: ton réseau tu solliciteras

Des inconnus auront envie d'investir sur votre projet s'ils ont confiance. Que d'autres personnes se fient à vos idées peut les y aider. Il est donc important de "solliciter ses proches pour qu'ils fournissent les premiers fonds", indique Nicolas Dehorter.

C'est la théorie de la "diffusion graduée", qu'explicite Mathieu Maire du Poset : le premier cercle -la famille et les amis- est à convaincre en prioirité. Une fois que ces membres ont investi, le deuxième cercle -les amis d'amis, la famille éloignée, touchés "par résonnance"- sera plus enclin à vous soutenir. En dernier lieu seulement, le troisième cercle, les internautes, "le plus difficile à séduire", sera susceptible de croire en votre projet.

Commandement n°4: une somme raisonnable tu réclameras

La somme à fixer dépend de la taille des premiers et deuxièmes cercles. "Un musicien qui a déjà 5.000 fans sur Facebook pourra demander plus d'argent pour son disque qu'un débutant", précise le directeur chez Ulule. Il est d'autant plus important de réclamer un montant accessible que sur la plupart des plateformes de crowdfunding, si l'objectif n'est pas atteint à la date-limite, le projet est abandonné et les fonds rendus à ceux qui les ont engagés.

Communiquer tout azimut pour obtenir plus de visibilité n'est pas forcément stratégique. Mathieu Maire du Poset déconseille d'aller sur les réseaux sociaux, ou éventuellement dans les médias, tant que le projet n'a pas au moins 30% de ses financements acquis. Sinon, "c'est contreproductif".

Commandement n°5: des contreparties innovantes tu proposeras

Certains types de crowdfunding impliquent un retour sur investissement. Mais vu les contraintes légales liées à cette pratique, la majorité des porteurs proposent des contreparties "en nature". Et là, l'inventivité est le maître-mot !

Promettre un exemplaire à celui qui a contribué au financement d'un album, ou une place en avant-première à celui qui a investi dans le tournage d'un long-métrage ne suffit pas, prévient le représentant d'Ulule. Il faut "donner au contributeur l'impression qu'il participe à l'aventure du porteur".

Commandement n°6: ta communauté tu bichonneras

Il faut "faire vivre le projet", martèle Nicolas Dehorter, tenir les contributeurs au courant de ses démarches, organiser des évènements pour se rencontrer. Un moyen de fédérer une communauté autour de son produit.

Mathieu Maire du Poset cite par exemple ce projet de jeu de rôle en ligne, "les Ombres d'Esteren". La somme de base, 10.000 euros, était déjà largement dépassée quand le porteur promet à sa communauté que s'il atteint les 40.000 euros, il fera composer la musique du jeu par un grand orchestre symphonique. "Le projet a récolté 62.000 euros!"

Dernière raison de chouchouter ses contributeurs, note Mathieu Maire du Poset, "c'est qu'ils sont autant de clients potentiels"

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