Le Crédit Agricole paie au prix fort le ménage dans ses comptes

La banque a annoncé, ce vendredi 1er février, qu’elle passera des charges exceptionnelles de 3,8 milliards d’euros au quatrième trimestre 2012. Du coup, l’établissement va publier la perte la plus lourde de son histoire.

Julien Marion | Reuters
Le 01/02/2013 à 8:25
Mis à jour le 03/02/2013 à 2:36
Le Crédit Agricole était déjà en perte de 2,5 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de 2012 (AFP)

CREDIT AGRICOLE
Les chiffres clés

Le grand ménage du Crédit Agricole SA au quatrième trimestre

> Réévaluation des écarts d’acquisitions: 2,6 milliards d’euros dont:

Banque de financement et d’investissement : 466 millions d’euros

Participation dans Newedge : 366 millions                                     

Crédit à la consommation: 923 millions d’euros                            

Banque de proximité à l’international: 921 millions d’euros

> Dépréciation des 20,2% dans la banque portugaise BES: 267 millions d’euros

> Charges d’impôt (taxe exceptionnel sur la réserve de capitalisation des compagnies d’assurance) : 130 millions d’euros

> Réévaluation comptable de la dette : 850 millions d’euros

> Impact de la contribution des caisses régionales : 160 millions d’euros (déjà annoncée)

 

La banque verte sera profondément dans le rouge en 2012. Ce vendredi 1er février, le Crédit Agricole a indiqué, dans un communiqué, qu’il a bien mené "l’opération vérité" sur ses comptes.

L’établissement dirigé par Jean-Paul Chifflet a ainsi décidé de faire le ménage dans son bilan, en passant des charges massives au quatrième trimestre, de 3,8 milliards d’euros.

Du coup la banque devrait tout simplement annoncer la plus importante perte de son histoire, lors de la présentation de ses résultats annuels, le 20 février prochain. Le Crédit Agricole était déjà dans le rouge de 2,5 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, en raison des 3,2 milliards qu’elle a dû concéder pour solder définitivement son calvaire grec, en vendant sa filiale Emporiki à Alpha Bank.

L'annonce a momentanément tiré vers le bas l'action du Crédit Agricole, sur le CAC40. A l'ouverture le titre a perdu près de 2%, avant de repasser dans le vert. Vers 10h30, le cours de l'action était en hausse de 1,43%.

Dans le détail, la majorité de charges exceptionnelles annoncées sont dues à des dépréciations d’écart d’acquisition (goodwill) de plus de 2,6 milliards d’euros qui auront un impact négatif équivalent sur ses résultats financiers.

Concrètement, ces dépréciations traduisent la baisse de valeur d’acquisitions faites par la banque avant la crise. Le Crédit Agricole avait en effet mené une politique de croissance externe ambitieuse de 2001 à 2007. Mais toutes n’ont pas donné les fruits escomptés, bien au contraire. Emporiki, rachetée en 2006, en a été le meilleur exemple.

Pas d'impact sur la solvabilité

Les dépréciations concernent la participation de la banque dans Newedge, une filiale américaine de courtage, la Banque de financement, les activités de crédit à la consommation, ainsi que la banque de proximité à l’international.

L’établissement a toutefois tenu à rassurer : ces dépréciations n’auront d’effets ni sur sa solvabilité ni sur sa liquidité. Du coup, il compte toujours arriver, en 2013, à un ratio de fonds propres sur risque de 10%, dans les nouvelles normes de régulation dites de Bâle III.

Au-delà de ces écarts d’acquisition, la banque a annoncé des nouvelles dépréciations (voir chiffres). Réévaluation de sa dette, participation dans la banque portugaise BES, impact des taxes...Le Crédit Agricole a choisi de tirer un trait sur 2012 qui restera comme une année noire pour la banque.

 

 

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