Elections dans les TPE : la CGT envisage la prolongation du scrutin

Les premières élections syndicales pour les salariés des entreprises de moins de 11 salariés et les employés à domicile se tiennent du 28 novembre au 12 décembre. Bernard Thibault envisage de demander une prolongation du scrutin.

BFMbusiness.com | Reportage TV de Manuella Binet
Le 28/11/2012 à 16:13
Mis à jour le 28/11/2012 à 18:34
Les premières élections professionnelles des salariés des TPE se tiennent du 28 novembre au 12 décembre. (DR)

Les chiffres clés Le secteur des employés à domicile :

> Plus de 2 millions de particuliers font appel à un employé à domicile

> 1,1 millions de personneont le statut d'employé à domicile 

> la garde d'enfant est le secteur le plus développé, avec 283 000 assistantes maternelles
Ce qu'il faut retenir Qu'est-ce qu'une TPE ?

> une entreprise de moins de 11 salariés

> 1 million en France, soit 29 % de l'ensemble des entreprises

> 1 salarié sur 5 travaille dans une TPE

Ce mercredi 28 novembre, et jusqu’au 12 décembre, se tiennent les premières élections syndicales destinées aux salariés des TPE (très petites entreprises) et aux employés à domicile. Bernard Thibault, numéro un de la CGT, envisage de demander au gouvernement un report de la date limite des élections en raison des "énormes complications constatées". Certains électeurs n'auraient pas reçu leur matériel de vote, et d'autres ayant fait le choix de passer par le vote électronique auraient eu des difficultés à se connecter.

Ce rendez-vous électroral concerne 4,6 millions de salariés qui doivent choisir ceux qui, lors des négociations avec les organisations patronales, devront défendre leurs conditions de travail, leur protection sociale, ou leurs droits à la formation...

Mais ces soucis d'organanisation viennent s'ajouter à un manque d'enthousiasme de la part des salariés. Malgré l’importance des enjeux, un fort taux d’absentéisme est à craindre. Les syndicats ont depuis longtemps fait part de leur appréhension : la CFTC table sur une participation de l’ordre de 5 à 10 % seulement. Certains mettent en cause le mode du scrutin. Les salariés doivent, en effet, s’exprimer pour un syndicat et son programme, et non pour un représentant dont la personnalité joue habituellement beaucoup pour emporter les adhésions.

 

Certains patrons réservés

Pourtant, le ministère du Travail, chargé d’organiser les élections, n’a pas lésiné sur les moyens. Une campagne d’information a eu lieu en amont et se poursuivra pendant la durée des élections par des messages à la radio et dans la presse régionale. Le mode de scrutin est aussi très souple, puisque les salariés peuvent voter par voie postale et par Internet. Autrement dit,ils n’ont pas à justifier auprès de leur patron d’une absence de leur lieu de travail pour s'exprimer.

Certaines fédérations professionnelles ont choisi de jouer le jeu, en menant une campagne de sensibilisation auprès des chefs d’entreprises.  "Nous avons fait parvenir à nos membres des informations afin qu’ils soient en mesure de répondre aux questions de leurs salariés sur l’enjeu de ces élections syndicales. Nous leur avons aussi demandé d’encourager leurs employés à aller voter ", explique un porte-parole de l'UPA.

D’autres en revanche se montrent plus réservés sur l’intérêt même de ces élections syndicales. Pour Didier Ridoret, président de la Fédération Française du Bâtiment qui regroupe 41 000 artisans, le dialogue social est suffisamment présent entre les chefs d’entreprise et les salariés du secteur.

"Je pense qu’il suffit de vivre quelques heures au sein d‘une TPE du bâtiment pour bien voir que ce dialogue se fait depuis l’embauche jusqu’à la débauche, puisque salariés et patrons vivent les mêmes heures de travail, les mêmes conditions climatiques. Dans notre branche, il n’y avait pas vraiment besoin d’un tel dispositif", argumente-t-il." Mais c’est la loi qui l’a décidé, les entreprises de bâtiments se plient à cet exercice" conclut-il.

Résultats attendus avec intérêt

Les résultats de ces élections seront publiés le 21 décembre. Ils seront agrégés à ceux des élections professionnelles ayant eu lieu, depuis 2009, dans les autres entreprises, ainsi qu’ à ceux des scrutins qui vont se tenir en janvier prochain pour les salariés de l’agriculture.

Les syndicats ayant 8 % des voix au niveau national ou au niveau des branches professionnelles seront dits "représentatifs". Ils pourront négocier des accords collectifs.














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